POGNE
substantif fémininPop. Main. Vouloir lui serrer la pogne. C'petiot, c'tout petiot, quand j'sortais avec lui et que j'y tenais sa p'tite pogne, je m'faisais l'effet de tenir le p'tit cou tiède d'une hirondelle, tu sais? (, Feu, 1916, p.318).
• Être à la pogne de qqn. Lui obéir, lui être soumis. Les condés (...) devaient attendre (...) qu'elle soit dans le manque [de cocaïne] ; là ils allaient l'avoir à leur pogne [pour lui faire avouer sa complicité] (Pt Simonin ill., 1957, p.190).
Prononciation et orthographe
[pɔɳ]. V. poignée.
Étymologie et histoire
a) 1807 (Michel (J.-F.) Expr. vic., p.153: Pogne, Poigne ne sont pas français. Ne dites pas, Cet homme a une fameuse poigne —Cet homme a le poignet bien fort);
b) 1821 pogne «main» (d'apr. Esn.); 1836 (Vidocq, Voleurs, t.2, p.27);
c) 1875 un ministre à poigne (Liberté cité ds Larch. 1880, p.287). Empr. au lorr., parler où la forme dial. depoing est po(u)gne masc. mais aussi fém., d'apr. la finale en -gne et peut-être l'attraction de main* ; cf. aussi 1372 pougne fém. «poignée (d'un objet)» et 1373 puigne fém. «poignet (d'un vêtement)» (v. Gdf.), 1387-88 Jehan bonne poigne (ds Gdf. Compl.), 1725 la Pogne, surnom d'un des voleurs de la bande de Cartouche (Grandval, Vice puni, p.43), v. aussi FEW t.9, p.514b, 515a et p.520, note 7.
b) 1821 pogne «main» (d'apr. Esn.); 1836 (Vidocq, Voleurs, t.2, p.27);
c) 1875 un ministre à poigne (Liberté cité ds Larch. 1880, p.287). Empr. au lorr., parler où la forme dial. depoing est po(u)gne masc. mais aussi fém., d'apr. la finale en -gne et peut-être l'attraction de main* ; cf. aussi 1372 pougne fém. «poignée (d'un objet)» et 1373 puigne fém. «poignet (d'un vêtement)» (v. Gdf.), 1387-88 Jehan bonne poigne (ds Gdf. Compl.), 1725 la Pogne, surnom d'un des voleurs de la bande de Cartouche (Grandval, Vice puni, p.43), v. aussi FEW t.9, p.514b, 515a et p.520, note 7.
Dérivés
Pogner, poigner,
verbe transitifa) Empoigner, prendre, saisir. Doguereau, d'un geste imperceptible et court, poigna la garde de son épée, comme pour y arracher de l'énergie (, Vent du boulet, 1909, p.25). Là, on se met à l'abri, tard, l'automne, quand les gros vents vous poignent pendant qu'on chasse ou ben donc qu'on pêche sur les battures (, Marie-Didace, 1945, ds Rogers 1977). Pogner les nerfs. « S'emporter, se fâcher » (Fichier TLFQ). Empl. pronom. réciproque. « En venir aux coups; se battre, s'engueuler » (Fichier TLFQ).
b)Arg., empl. pronom. réfl. « Se masturber » (Sandry, Carrère, Dict. arg. mod., 1953, p.147).