Logo Portail
Voir également: pif, interjection 
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

PIF2

substantif masculin
Populaire
A. — (Gros) nez. Synon. blair(e). Pif rouge, violacé; mettre qqc. sous le pif de qqn; avoir un pif en pied de marmite. L'artiste se gaudit de cette collection de nez; il y avait des pieds de marmites, des nez à retroussis, des nez gibbeux, des pifs épatés et fendus (Huysmans, Marthe, 1876, p.83). Sur la (...) banquette sommeille un marchand de cigares mexicain, orné d'un pif aux narines énormes et semblable à une carabine à deux coups (Fargue, Piéton Paris, 1939, p.147).
B. — Flair. Avoir du pif. Celui-ci [qui avait vendu cette fille à Mario] avait manqué de pif. Mario, lui, supputait déjà [ce qu'il allait gagner à la lancer] (Le Breton, Rififi, 1953, p.24).
• Faire qqc. au pif. Synon. faire qqc. au pifomètre*.
Remarques

Piffard, -arde,

adjectif et substantif
pop. (Celui, celle) qui a un gros nez disgracieux. Quel type, ce père Albert! Nous l'appelions Piffard à cause de son appendice nasal (Galipeaux, Souv., 1931, p.31).
Prononciation et orthographe
[pif]. Homon. et homogr. pif1 .
Étymologie et histoire
1821 avoir qqn dans le pif «le détester» (Ansiaume, Arg. bagne Brest, f° 12 v° , § 318); 1953 «flair, perspicacité» (Simonin, Touchez pas au grisbi, p.18). Du rad. expressif piff- qui évoque la grosseur, cf. piffard subst. masc. «homme qui a un gros nez» (1825, Dumersan, Gabriel, Brazier, Les Cochers, pp.26-27 ds Quem. DDL t.19).
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 55.
Dérivés

Piffer

verbe transitif
pop.[En tournure nég.] Ne pas, ne plus piffer qqn ou qqc. Détester quelqu'un, en avoir horreur. Synon. ne pas blairer, encadrer, sentir qqn ou qqc. [Le facteur] l'avait pas eu son vélo de l'administration... Pour avoir un neuf, il fallait qu'il attende deux ans... Il avait pas droit... Il pouvait plus nous piffer... Il nous réclamait des chaussures, nous qu'en avions pas! (Céline, Mort à crédit, 1936, p.600). [Hitler] nous reprendra l'Alsace, question de prestige, c'est d'accord. Seulement, je vais te dire: on s'en fout des Alsaciens; moi, j'ai jamais pu les piffer (Sartre, Mort ds âme, 1949, p.275). — [pife]; (il) piffe [pif]. Rob., Lar. Lang. fr. : -f(f)-. — 1re attest. 1846 (Intérieur prisons, p.245); de pif2.
Bibliographie
—Chautard Vie étrange Argot 1931, p.492. —Dauzat Ling. fr. 1946, p.277. —Sain. Argot 1972 [1907] p.220.