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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

PERSÉCUTEUR, -TRICE,

substantif
A. — Celui, celle qui persécute, en particulier, pour des raisons d'ordre politique, racial, religieux. Le magicien répand sur un autel de fer les cendres du premier persécuteur des chrétiens (Chateaubr., Martyrs, t.3, 1810, p.80). Ils disent que nous sommes les ennemis de toute religion, de toute indépendance de la conscience, que nous sommes des persécuteurs, que nous avons soif de faire des martyrs (Gambetta, 1878, ds Fondateurs 3e Républ. p.179).
— Empl. adj. La religion dogmatique, puissance hostile et persécutrice (Constant, Princ. pol., 1815, p.133).
— PSYCHIATRIE. Malade atteint d'un délire de persécution qui agit de telle sorte que les autres soient ses victimes. J'avais remarqué tout d'abord que dans la grande majorité des cas le persécuteur appartenait au même sexe que le persécuté (Freud, Introd. psychanal., trad. par S. Jankélévitch, 1959 [1922], p.454).
• Persécuté* persécuteur.
B. — Celui, celle qui importune quelqu'un sans répit pour obtenir quelque chose. Vous me voyez résolu à pousser jusque dans l'Inde, afin d'avoir le plaisir, le reste de mes jours, d'offrir de temps en temps, à ma persécutrice, une historiette qui commencera par ces mots: «Lorsque j'étais à Bombay» (Gobineau, Pléiades, 1874, p.87).
— Empl. adj. Passant la main sur son front comme s'il eût voulu en chasser une pensée qui l'obsédait, une image persécutrice, il s'avança sur la pointe du pied (Ponson du Terr., Rocambole, t.2, 1859, p.263).
Prononciation et orthographe
[pεʀsekytoe:ʀ], fém. [-tʀis]. Ac. 1694 et 1718: -se- ; dep. 1740: -sé-.
Étymologie et histoire
1. 1174-76 «celui qui persécute» (Guernes de Pont-Sainte-Maxence, Saint Thomas, éd. E. Walberg, 479);
2. 1690 «personne qui importune» (Fur.). Empr. au lat. chrét. persecutor «persécuteur des chrétiens, de l'Église», dér. de persequor «poursuivre, d'où persécuter».
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 243. Fréq. rel. littér.: xixe s.: a) 623, b) 214; xxe s.: a) 303, b) 199.
Bibliographie
Gohin 1903, p.233.