PELLAGRE
substantif fémininPATHOL. Maladie due à une carence en vitamine PP, endémique dans certaines régions et caractérisée par des lésions cutanées et muqueuses, des troubles digestifs, des troubles neurologiques et psychiatriques pouvant aller jusqu'à la démence dépressive (d'apr. Méd. Biol. t.3 1972). La pellagre (...) atteint surtout les populations pauvres des régions méditerranéennes dont la nourriture est principalement faite de maïs (, Hist. méd., 1963, p.686). L'évolution de la pellagre est chronique, avec des poussées printanières et des rémissions intermédiaires toujours plus brèves (Encyclop.Sc. Techn., t.21970, p.197).
Prononciation et orthographe
[pεl(l)agʀ], [pe-]. Martinet-Walter 1973 [pelagʀ], [pεlagʀ], [pεllagʀ] (6/5/2). Att. ds Ac. dep. 1878.
Étymologie et histoire
1808 masc. pelagra (Cuvier, Rapport historique sur les progrès des sciences naturelles, p.313 ds Quem. DDL t.12: le pelagra des Milanais); 1810 fém. pellagre (Alibert, Précis sur les maladies de la peau, t.2, p.159 ds Fonds Barbier : la pellagre des campagnes milanaises). Empr. à l'ital. pellagra, att. dep. 1780 (M. Gherardini d'apr. DEI ; cf. Fanzango e Strambio, Memoria sopra la pellagra, Milano, 1787 cité ds FEW t.8, p.171a), dér. de pellis (peau*) formé sur le modèle de podagra «goutte aux pieds» (cf. podagre).
Dérivés
Pellagreux, -euse,
adjectif et substantifa)Adj. Relatif à la pellagre. Érythème pellagreux. Mironesco, à l'autopsie de deux cas de manie pellagreuse, a trouvé les parathyroïdes externes, en état de dégénérescence graisseuse (, Nouv. Traité Méd., fasc. 8, 1925, p.258). La dermatite pellagreuse apparaît symétriquement aux mains, aux pieds, au visage, au cou: elle apparaît dans les parties exposées à la lumière solaire. Il s'agit d'un érythème (...) qui est suivi d'une hyperkératose et d'une hyperpigmentation [v. hyper- A 1 a α] (Encyclop. Sc. Techn., t.21970, p.197).
b)Adj. et subst. Malade atteint de pellagre. Quand je remets en marche mon engin, j'ai l'impression d'être un parasite égaré sur le corps d'un pellagreux tant le site est ravagé (, Lotiss. ciel, 1949, p.285).