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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

PELAUDER

verbe transitif
Vieux
A. — Battre, frapper quelqu'un. Malheur à lui s'il me dérange pour des billevesées, je le ferai pelauder si rudement qu'il y laissera son cuir (Gautier, Fracasse, 1863, p.347).
— Empl. pronom. réciproque. « Se battre à coups de poing » (Littré).
B. —Région. (Nord-Ouest). Éplucher. Synon. peler. Et va-t'en pelauder tes carottes! Dire qu'à près d'une heure, la soupe elle est seul'ment point trempée! (Elle s'assied, en soufflant, près de la Nioule, et se met aussi à éplucher) (Martin du G., Gonfle, 1928, I 6 p.1191).
Prononciation
[pəlode].
Étymologie et histoire
A. 1532 réfl. se pelauder l'ung l'aultre «se battre» (Rabelais, Pantagruel, X, éd. V. L. Saulnier, p.81, 182); 1536 trans. «battre, rosser; maltraiter» (Cl. Marot, Epître de Frippelippes, 244 ds OEuvres, éd. C. A. Mayer, t.2, p.109); 1537 (Id., Epîtres, XXXIX, 67 ibid., t.1, p.216).
B. 1928 «ôter la peau, éplucher» pelauder des carottes (Martin du G., loc. cit.). Dér., à l'aide de la dés. -er, de l'adj. pelaut «poilu, velu» (att. au xvie s., v. Hug. ; dér. de poil* ; suff. -aud* ; v. FEW t.8, p.487 a et 489 a, note 21); il signifie proprement «tirer par les cheveux, prendre aux cheveux», cf. le terme dial. pelée «volée de coups», FEW t.8, p.484a; mais pelauder est en même temps, par étymol. seconde, dér. de pel, peau* (cf. peler*), d'où, plus spéc. B, terme dial. du Nord-Ouest, relevé par FEW, p.487a: Le Havre plauder (un lapin) «dépouiller», haut-manceau plauder «peler» et employé par Martin du Gard.