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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

PASTICHER

verbe transitif
A. — Imiter la manière, le style d'un artiste ou d'un écrivain. Synon. contrefaire, copier, plagier. Je crois que le meilleur moyen de se débarrasser du désir de pasticher quelqu'un qu'on admire, c'est de le connaître à fond (Alain-Fournier, Corresp, . [avec Rivière], 1905, p.101). Pour avoir un tel succès l'artiste avait sans doute pastiché des fables de La Fontaine (Proust, Temps retr., 1922, p.1002).
B. —Absol. Pratiquer le pastiche; faire un pastiche. Les livres seuls, et non le monde dans sa crudité, pouvaient me fournir des modèles; je pastichai (Beauvoir, Mém. j. fille, 1958, p.54).
Prononciation et orthographe
[pastiʃe], (il) pastiche [-tiʃ]. Att. ds Ac. 1935.
Étymologie et histoire
1845 (Baudel., Salon, p.61). Dér. de pastiche* ; dés. -er.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 13.
Dérivés
1.

Pasticherie

substantif féminin
péj. Ouvrage d'imitation. Je finirais, (...) si je devais encore parcourir deux salles bondées de tableaux semblables à ceux-là, par éprouver une admiration déraisonnable pour l'oeuvre de M. Puvis de Chavannes! Il est certain qu'en face de ces ennuyeuses pasticheries, l'Enfant prodigue et les Jeunes filles au bord de la mer sont de vraies merveilles (Huysmans, Art mod., 1883, p.18). — [pastiʃʀi]. — 1re attest. 1879 (Id., Salon de 1879 ds Art mod., loc. cit.); de pasticher, suff. -erie*.
2.

Pasticheur

substantif masculin
a) Auteur de pastiches. Synon. copiste. Le pasticheur, lui, copie bêtement les moyens (vers libres ou classiques, pointillé, etc.) (Claudel, Corresp., [avec Gide], 1903, p.47).
b)Péj. Artiste ou écrivain dépourvu d'originalité; imitateur. Le nervosisme est un pasticheur de génie. Il n'y a pas de maladie qu'il ne contrefasse à merveille (Proust, Guermantes 1, 1920, p.305). Si un écrivain de talent avait juré de composer un «à la manière de Corneille...», il aurait sans doute écrit Pompée (...). On n'y retrouve aucun de ces coups de génie, aucune de ces surprises qui distinguent toujours le créateur de son pasticheur (Brasillach, Corneille, 1938, p.235).
— [pastiʃoe:ʀ], fém. [-ø:z]. — 1re attest. 1860 (Goncourt, Journal, 8 sept., p.801); de pasticher, suff. -eur2 *. — Fréq. abs. littér.: 14.
Bibliographie
—Darm. 1877, p.119.