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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

PARTIALITÉ

substantif féminin
A. — Attitude d'une personne partiale. Synon. parti* pris, préférence, prévention ; anton. équité, impartialité, objectivité. Agir, juger avec partialité; accuser qqn de partialité; partialité en faveur de qqn, contre qqn. Je ne sais si votre patriotisme me pardonnera ma partialité pour l'Espagne (Mérimée, Mosaïque, 1833, p.290). On peut aussi, et avec plus de raison, leur adresser [aux Alexandrins] le reproche (...) d'une partialité systématique, contraire à un éclectisme véritable (Cousin, Hist. gén. philos., 1861, p.192):
. [Je lis les Souvenirs de la Terreur]. [L'historien] y verrait, à travers la partialité de l'écrivain, qu'il y a fort à rabattre de l'enthousiasme et de la spontanéité dans les mouvements que l'on admire le plus à cette époque. (Delacroix, Journal, 1847, p.164)
B. — Caractère de ce qui est partial. Partialité d'un choix, d'un jugement. La partialité de cette accusation étayée sur des espèces sentimentales était évidente. Saligno sentit les puissances du droit à sa dévotion (Aymé, Puits, 1932, p.92).
Prononciation et orthographe
[paʀsjalite]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1. 2e moitié xve s. [ms.] «faction» (Froissart, Chron., III, éd. Kervyn de Lettenhove, t.XI, p.7 [ms. de Breslau]: partialités et differents; éd. S. Luce, t.12, p.7, 3: parties et different); fin xve s. (Commynes, Mém., éd. J. Calmette, t.1, p.207);
2. 1611 «disposition à accorder une préférence injustifiée» (Cotgr.); 1651 sans partialité (Abbregé des derniers mouvemens d'Angleterre, p.6 ds Mack. t.1, p.77). Empr. au lat. médiév. partialitas «esprit de parti; tendance factieuse» (xiiie s. ds Nierm.), dér. de partialis, v. partial.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 177.