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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

PARDI

interjection
Fam.[Pour renforcer une déclaration, marquer l'évidence, la logique de l'énoncé auquel on répond]Synon. bien sûr*. —Que de monde! murmura-t-elle. —Pardi! cria Gilquin, il y a plus de trois cent mille étrangers dans Paris (Zola, E. Rougon, 1876, p.88). Voilà ma vie, songeait Raboliot. D'un bout à l'autre, j'ai fait pareil aux autres. J'ai grandi, je suis parti soldat. Et, quand j'ai eu fini mon congé, je suis revenu, et je me suis marié, pardi! du moment que j'étais en âge (Genevoix, Raboliot, 1925, p.309). Où aller? À Paris, pardi! à Paris, chez les grands-parents Pluvignec (H. Bazin, Vipère, 1948, p.202).
Remarques
Var. (souvent région.) auj. rares et vieillies.
a)

Pardé

interjection
—(...) as-tu pris tes pistolets? —Non, Monsieur. Pardé! Quoi qu'il y a donc à craindre pour vos gros sous? (Balzac, E. Grandet, 1834, p.147).
b)

Pardié

interjection
—(...) j'en vois une bonne bande! —Où donc? —Devant ta porte, pardié! (Renard, Journal, 1908, p.1173).
c)

Pardienne

interjection
Nous allons déjeuner ensemble... Eh! oui, pardienne! (Ponchon, Muse cabaret, 1920, p.183).
d)

Pardine

interjection
—Dieu l'aura puni, dit la grosse dame en deuil après un silence méditatif. —Qui ça? —Eh! le vrai criminel, pardine! (Gide, Souv. Cour d'ass., 1913, p.673).
Prononciation et orthographe
[paʀdi]. Att. ds Ac. 1935. Lar. Lang. fr. : « Les formes pardieu, pardienne  »(xvie s.), pardine (1848, G. Sand), pargué ou parguenne et parguié ou parguienne ont pratiquement disparu ».
Étymologie et histoire
1608 perdy (V. Mussart, Le Fouet de jureurs et blasphémateurs du nom de Dieu, p.154 ds Quem. DDL t.19); 1623 pardy (Sorel, Francion, 313, ibid.). Altération euphémique de pardieu*.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 190.
Bibliographie
Quem. DDL t.4, 19.