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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

PAMPA

substantif féminin
Vaste plaine herbeuse de l'Amérique du Sud. Pampas de l'Argentine; boeufs des pampas. Il y a encore, de l'autre côté de l'Équateur, des solitudes immenses, de vierges déserts, des forêts où l'on ne pénètre qu'à coups de hache, d'incultes pampas où galopent les chevaux sauvages (Coppée, Franc-parler I, 1894, p.398).
• Herbe des pampas. « Plante vivace de quelques mètres de haut, en gros buissons, à feuilles grisâtres assez nombreuses, droites mais assez longues et coupantes; fleurs en longs épis argentés et plumeux » (F. Bianchini, A. Carrara Pantano, Le Guide vert, Paris, éd. Solar, 1975, p.198). Des roseaux gigantesques, semblables à ceux que nous appelons «l'herbe des pampas», porteurs de grands panaches gris de chanvre, de la plus grande beauté (Gide, Voy. Congo, 1927, p.829).
— P.anal. Vaste plaine où galopent des chevaux. C'était une partie de chasse ou de pêche en Camargue, vers l'étang du Vacarès, parmi les boeufs et les chevaux sauvages librement lâchés dans ce coin de pampas (A. Daudet, Trente ans Paris, 1888, p.171).
— P.métaph. Il est tantôt sur les cimes, tantôt dans les bas-fonds, jamais dans la plaine parcourue, dans les pampas de l'âme (Huysmans, Là-bas, t.2, 1891, p.97).
Prononciation et orthographe
[pɑ̃pa]. Att.ds Ac. dep. 1878. Plur. des pampas.
Étymologie et histoire
1716 (Frézier, Relation du voy. de la mer Sud aux côtes du Chili et du Pérou, p.76 ds Arv.); de nouv. 1831 (J.-B.-J. D'Omalius D'Halloy, Éléments de géologie, 529 ds FEW t.20, p.74b). Mot hisp.-amér. qui désigne spéc. la vaste plaine d'Amérique du Sud (.viie s., Cor.-Pasc. et Al.), lui-même empr. à l'aymara et au quitchua pampa «id.», proprement «plaine». Voir Fried. et FEW loc. cit.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 101.
Dérivés

Pampero

substantif masculin
« Vent et coup de vent froid du sud ou du sud-ouest sur les pampas de l'Amérique du Sud » (Villen. 1974). Nous avancions dans le vent, contre ce pampero du Sud, à cause duquel (...) aucun arbre n'aime la pampa (Morand, Air indien, 1932, p.47). — [pɑ̃peʀο]. Au plur. des pamperos. — 1re attest. 1771 [éd.] (L.-A. de Bougainville, Voy. autour du monde par la frégate, 1re part., p.42); mot esp. de même sens (v. Al. et Cor.-Pasc.), dér. de pampa. Voir FEW t.20, p.74b.