OXYMORE
nom1. Rhétorique. Alliance de mots surprenante. Association étroite de deux mots de sens contraires pour renforcer une idée.
« Des Femen vêtues et silencieuses. L’oxymore étonne pour ces sirènes d'ordinaire hurlantes, activistes aux seins nus, habituées à l'attaque et contraintes ce mercredi matin à leur défense, à la barre du tribunal correctionnel de Paris. » (Delphine de Mallevoüe, « Profanations de Notre-Dame et de la Madeleine : les Femen au tribunal », Le Figaro.fr, 9 juillet 2014)
« Toujours dans la même ligne d’interprétation, Daniel Delas relève que « l’inverse de l’oxymore est aussi imprédicable que l’expression elle-même : obscure clarté est absurde dans la mesure où la proposition reste impossible dans tout monde représenté par un langage logique ; obscure obscurité et claire clarté ont la même impossibilité ». » (Yavan Bourquin, « Le «Soleil noir», ou l’oxymore implicite dans l’évangile selon Marc », dans Emmanuelle Steffek et Yvan Bourquin, Raconter, interpréter, annoncer, Labor et fides, Genève, pages 93-94)
« Pour décrire sa politique étrangère, la nouvelle présidente a parlé d’« isolationnisme engagé », un oxymore qui a fait mouche lors de la campagne électorale. » (Argument, volume xxii, nᵒ 1, automne-hiver 2019-2020, page 101)
« Ce terme «macroniste de gauche» est devenu un sinistre oxymore. » (Loi immigration : la trahison de Macron, Libération, 2023)
« Dans les exemples d’oxymores que l’on propose aux lycéens découvrant cette figure de style figurent l’« obscure clarté » des étoiles (Corneille), le « mutisme assourdissant » (Camus) et la « destruction créatrice » (Schumpeter). » (Pascal Riché, La « destruction créatrice », ce concept fondamental forgé par Joseph Schumpeter récompensé au Nobel, Le Monde. Mis en ligne le 22 octobre 2025)
2. Sens figuré. Alliance de deux choses incompatibles.
« En trois coups de cuiller à pot et avec trois segments en italiques (les seuls du livre), l’auteure brosse un tableau apocalyptique de l’incessant oxymore temporel qui est celui des hommes et des femmes d’aujourd’hui : […]. » (Louise Dupré, Le tremblement de la conscience : Entretien avec Louky Bersianik, Voix et Images, nᵒ 17 (1), Éditions Université du Québec, Montréal, 1991)