OUTRANCIER, -IÈRE,
adjectif Qui pousse les choses, qui est poussé jusqu'à l'excès. Synon. excessif, outré. Nationalisme, procédé, propos outrancier. Deux textes de saint Thomas (...), le premier portant contre l'individualisme et contre tout personnalisme outrancier, l'autre portant contre toute conception totalitaire de l'État (, Human. intégr., 1936, p.147). Du moins, par la brutalité outrancière de ses solutions, l'art actuel aide-t-il à analyser les ressources intimes de la peinture, qui, sans elle, seraient restées empiriquement confondues (, Dialog. avec visible, 1955, p.192). La salle à manger de la posada où nous dînons est typiquement espagnole par son mélange de vétusté et de modernisme outrancier (, Itinér. esp., 1963, p.285).
— Empl. subst. masc. Celui qui pousse les choses à l'excès. Émile Durandeau est en effet un outrancier; il grandit démesurément ses modèles, leur prête des torsions titaniques, et les peint en pleine pâte avec les plus riches couleurs de la palette (, Civ. et milit., 1878, p. xv). La féroce ténacité de cet outrancier du travail qui s'est tué à [écrire la Comédie humaine] (, M me André, 1879, p.185). Au fond, Huysmans n'est que mon outrancier, mais je me hâte de le dire, un outrancier plein de talent (, Journal, 1890, p.1087).
Remarques
Outrancièrement
adverbePrononciation et orthographe
[utʀɑ̃sje], fém. [-jε:ʀ]. Att. ds Ac. 1935.
Étymologie et histoire
1874 «qui pousse les choses à l'excès» (Le Courrier de la France, 5 déc. ds Littré Suppl.). Dér. de outrance*; suff. -ier*.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 19.
Bibliographie
Darm. 1877, p.107. — Dub. Pol. 1962, p.361.