Oublieur, -euse,
substantif* Mot issu de l'entrée OUBLIER
Personne distraite, sur la parole de qui il ne faut pas trop compter. Aussi ce grand artiste inconnu [le maître de musique] tenait-il à la classe aimable des oublieurs, qui donnent leur temps et leur âme à autrui comme ils laissent leurs gants sur toutes les tables et leur parapluie à toutes les portes (, Fille Ève, 1839, p.73). — [ublijae:ʀ], fém. [-ø:z]. Ac. 1694: oublieux; 1718: oublieux « quelques-uns écrivent oublieur »; 1740-1835: oublieur « on prononce oublieux »; 1878: oublieur [-oe:ʀ]. [ʀ] final est muet du xvie au xviiie s. dans certaines catégories de mots dont ceux en -eur (leur fém. en -euse est anal. de honteux, -euse, etc.). [ʀ] ne commence à être rétabli qu'à partir du milieu du xviiie s. Littré prononce encore [-ø] et DG propose encore cette prononc. comme var. de [-oe:ʀ]. — 1res attest. a) 1487 adj. «qui oublie facilement» (Loys Garbin, Voc. latin-françoys, s.v. obliviosus), b) 1552 subst. (Denis Sauvage, Hist. de Paolo Jovio, II, 139 ds Gdf.), attest. isolées, à nouv. au xixe s. 1801 (Mercier Néol.); de oublier, suff. -eur2 *.