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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

OBSCURANTISTE

adjectif
Relatif à l'obscurantisme; adepte de l'obscurantisme. Anton. progressiste. Attitude obscurantiste. Notre ineffable république athénienne —ô combien! —pourrait honorer en cette Capétienne obscurantiste [Blanche de Castille] le premier des préfets de police à poigne (Proust, Swann, 1913, p.252). L'abêtissement où les rabbins obscurantistes avaient plongé le ghetto (Tharaud, Pte hist. Juifs, 1928, p.220).
— Emploi subst. Il m'avouait que ce monde de dévots et d'obscurantistes lui donnait des nausées (Sand, Hist. vie, t.3, 1855, p.376). Benjamin Constant, alors chambellan de cour, se prenait de sympathie pour les républicains, par dégoût des obscurantistes (Lefebvre, Révol. fr., 1963, p.335).
Remarques
1.

Obscurant, -ante,

adjectif et substantif
vieilli,synon. Les vrais obscurans sont ces philosophes qui nous chantent l'impénétrabilité; tartufes littéraires qui, pour justifier leur impéritie, veulent étouffer la découverte qu'ils ont manquée (Fourier, Nouv. monde industr., 1830, p.32). [Le gouvernement] est obscurant sous le voile de libéralisme, despote et bâillonneur sous le nom d'ami de la liberté (Fourier, Nouv. monde industr., 1830, p.59).
2.

Obscurantin

substantif masculin
synon. Letellier est plein de vanité et d'esprit (...). Il est le général des obscurantins détestant le XVIIIe siècle (Stendhal, Journal, 1810, p.157). Je ne jetterai pas la pierre à Michelet pour avoir fait d'Abélard un libre esprit, un apôtre de la raison contre les «obscurantins scolastiques» (Marrou, Connaiss. hist., 1954, p.64).
Prononciation
[ɔpskyʀɑ̃tist].
Étymologie et histoire
1832 adj. (R. des deux mondes, 1er oct., 124 ds Quem. DDL t.13). Dér. de obscurantisme* ; suff. -iste*.
Bibliographie
Quem. DDL t.4.