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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

OBSÉCRATION

substantif féminin
Prière, formule par laquelle on implore l'assistance de Dieu ou de quelqu'un au nom de Dieu. Synon. déprécation. La voix du vétéran de l'humaine misère, répétait sa machinalement douloureuse et impitoyable obsécration: - «Prenez pitié d'un pauvre aveugle, s'il vous plaît!» (Villiers de L'I.-A., Contes cruels, 1883, p.41). Quant aux incursions diaboliques dans le couvent même, elles ne sont que trop réelles et, parfois, on ne les refoule qu'après de persistantes obsécrations et d'énergiques jeûnes (Huysmans, En route, t.2, 1895, p.156):
. Ah! Seigneur, souvenez-vous de l'enclos de Gethsemani, de la tragique défection du père que vous imploriez dans d'indicibles affres! Souvenez-vous qu'alors un ange vous consola et ayez pitié de moi, parlez, ne vous en allez pas! (...) il pria, et il eut de nouveau cette sensation très précise que ses obsécrations ne portaient point, n'étaient même pas entendues. (Huysmans, En route, t.2, 1895, p.194)
— Au plur.,ANTIQ. ROMAINE. Prières publiques ordonnées pour apaiser les dieux lorsque la république était en danger ou affligée de quelque calamité. (Dict. xixe et xxe s.).
Prononciation et orthographe
[ɔpsekʀasjɔ̃]. Att. ds Ac. dep. 1762.
Étymologie et histoire
1. Début xiiie s. «supplication» (Li Epistle saint Bernard à Mont Deu, ms. Verdun 72, f° 87 v° ds Gdf.);
2. 1762 subst. plur. «dans l'ancienne Rome, prières publiques pour apaiser les dieux» (Ac.). Empr. au lat. obsecratio «demande instante, supplication; supplication adressée aux dieux pour les apaiser».
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 10.