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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

NIQUER

verbe transitif
Arg. et pop.
A. — Posséder (quelqu'un) charnellement. Synon. pop. baiser (v. baiser1 I B 2). Les nanas, en Bochie, ça a dû te manquer. C'est fini, la paluche. Tu vas pouvoir niquer (R. Forlani, Guerre et paix au café Sneffle, acte 4, p. 33 ds L'Avant-Scène 15 juin 1969 n° 428).
B. —P. anal.Synon. pop. de baiser (v. baiser1 I B 3).
1. Attraper quelqu'un (ou quelque chose). Synon. arg. choper. Deux nègres américains en train de boire une bouteille de champagne dans la rue ont été vus par un gendarme; tu parles qu'il les a niqués (Esn., Poilu, 1919, p. 370). Se faire niquer. L'Engageante vient de se faire niquer par un sous-marin (Esn., Poilu, 1919, p. 370).
2. Surprendre, prendre, duper. Se faire niquer. On t'a niqué, fils! Kahil t'avait prévenu, c'est moi qui t'ai niqué! Retiens mon nom : Jésus Azoul. En faisant ton rapport à ton maître au Caire, précise bien : « Je me suis fait niquer par un juif » (P. Bonnecarrère, La Guerre cruelle, Paris Fayard, 1972, p. 188).
— Loc. Niquer la gueule (à qqn). Tromper quelqu'un. Niquer le burnous. Surprendre. L'air de rien, mais le temps passe, nous presse, nous talonne, nous nique le burnous, nous décatit, nous marque la tronche (A. Boudard, Les Matadors, 1966, p. 19 ds Cellard-Rey 1980).
Prononciation
[nike], (il) nique [nik].
Étymologie et histoire
1. 1890 arg. milit. « posséder charnellement » (à Alger, d'apr. Esn.);
2. 1918 id. « attraper, punir » (d'apr. Esn. Poilu, p. 370). Mot sabir d'Afrique du Nord, tire de l'ar. nāk : i-nik, 3e pers. de l'ind. prés. « il fait l'amour », Lanly, p. 101.
Bibliographie
Barb. Misc. 29 1944-52, pp. 434-435. — Quem. DDL t. 21.