NATIONALISTE
adjectif et substantif Qui est relatif au nationalisme; qui est partisan du nationalisme.
A. —[Correspond à nationalisme A] Revendications nationalistes.
— [En parlant d'une pers.] Les leaders nationalistes tunisiens et notamment le président et le secrétaire général adjoint du Néo-Destour, MM. Bourguiba et Slim, ont été appréhendés hier matin à Tunis (Le Figaro, 19-20 janv. 1952, p.1 col. 4-5).
• Emploi subst. Personne militant dans un mouvement de libération nationale, ou qui est favorable à la constitution de sa communauté en tant que nation. Nationalistes arabes, basques, corses, polonais. Ni l'un ni l'autre n'ignoraient combien était élevé le nombre des nationalistes parmi les communistes, parmi les intellectuels surtout (, Cond. hum., 1933, p.313).
— [En parlant d'un mouvement, d'une idéologie, d'une action politique] La propagande nationaliste (...) a agi sur eux (...) en leur donnant la possibilité de croire à leur propre dignité, à leur importance si vous préférez (, Conquér., 1928, p.15). Une tentative d'insurrection nationaliste marocaine, qui semblait assez menaçante, vient d'échouer, semble-t-il; a fait long feu. Certaines revendications m'en semblaient justifiées et j'espère qu'on saura en tenir compte (, Journal, 1944, p.260).
B. —[Correspond à nationalisme B]
— [En parlant d'une pers., d'un groupe de pers.] Candidat, orateur nationaliste; bourgeoisie nationaliste. Mirbeau devient nationaliste. Il estime que Picquart est un traître et que France n'a jamais rien écrit de propre. Il souffre d'avoir été toujours obligé de cacher son âme de conservateur (, Journal, 1899, p.558). Ce courage [de la princesse] ne devait pas aller plus tard jusqu'à oser, sous le feu des regards de dames nationalistes, saluer Mme Verdurin aux courses de Balbec. Pour Mme Swann, les antidreyfusards lui savaient, au contraire, gré d'être «bien pensante», ce à quoi, mariée à un juif, elle avait un mérite double (, Sodome, 1922, p.744).
• Emploi subst. Adepte, partisan du nationalisme; militant d'un parti nationaliste. Rien ne défend plus désormais aux Français fidèles : gaullistes de droite, syndicalistes, communistes, de demeurer étroitement unis dans le culte de la nation, accaparée depuis un demi-siècle par des hommes qui avaient confisqué la patrie. L'événement démasque ces nationalistes par antiphrase qui haïssent la nation (, Cah. noir, 1944, p.374). Le nationaliste, c'est le patriote qui prend conscience de sa patrie, et d'abord de la menace qui pèse sur elle, —les Allemands, les Anglais, les métèques, les Juifs, les marxistes (Pol., 1969, p.196):
. Le nationaliste français se reconnaît à son amour pour ce qui est espagnol. Il se reconnaît heureusement à quelques autres signes encore. Le nationaliste a la haine large et l'amour étroit. Il ne peut se défendre d'une prédilection pour les villes mortes. Le plus fort de sa haine porte contre les provinces littéraires françaises qui ne sont pas de la France —j'entends la Belgique et la Suisse en particulier. Il regrette que tous les protestants français ne soient pas des Suisses, parce qu'il a l'esprit simplificateur, et qu'il hait les protestants autant que les Suisses. Le nationaliste croit volontiers que le Christ était catholique. (, Journal, 1918, p.668)
— [En parlant d'un mouvement pol., de ses manifestations publiques; d'oeuvres, de sentiments] Vous aviez, l'autre jour, mis la garde républicaine dehors à l'occasion du meeting dit nationaliste. Mais elle n'eut rien à faire qu'à regarder passer les bandes qui acclamaient tour à tour les faussaires et le duc Philippe d'Orléans, futur roi de France (, Vers réparation, 1899, p.263). On savait (...) les opinions de l'industriel. Oh, aujourd'hui, les patrons sont plus socialistes que les ouvriers! Les ouvriers, au premier signal, ils suivraient une musique militaire... Pour Wisner, la guerre, il n'y voyait certainement que les affaires, il n'y apportait pas cette stupide passion nationaliste qui ferait battre des montagnes (, Beaux quart., 1936, p.220). Il semblait que la voix qui venait de s'éteindre [Jaurès] ne s'était jamais élevée pour autre chose que pour encourager la politique nationaliste de la France. La manoeuvre était subtile et perfide (, Thib., Été 14, 1936, p.561).
Syntagmes : Parti nationaliste; roman, presse nationaliste; mouvement, réunion, manifestation nationaliste; attitude, sentiment nationaliste.
Remarques
Nationalitaire
adjectifPrononciation et orthographe
[nasjɔnalist]. Att. ds Ac. 1935.
Étymologie et histoire
1. 1830 subst. «partisan du nationalisme» (Balzac, Complaintes satiriques sur les moeurs du temps présent ds La Mode, 20 février ds OEuvres div., t.1, p.345); 1874 adj. (Lar. 19e : journaux nationalistes);
2. 1878 subst. «celui qui lutte pour l'indépendance de son pays» (Lar. 19e Suppl., s.v. Hongrie: les nationalistes serbes et roumains); 1903 adj. (Nouv. Lar. ill.: le parti nationaliste polonais). Dér. de national*; suff. -iste*.
2. 1878 subst. «celui qui lutte pour l'indépendance de son pays» (Lar. 19e Suppl., s.v. Hongrie: les nationalistes serbes et roumains); 1903 adj. (Nouv. Lar. ill.: le parti nationaliste polonais). Dér. de national*; suff. -iste*.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 224. Fréq. rel. littér.: xixe s.: néant; xxe s.: a) 565, b) 612.