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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

MOULT

adverbe
Région. ou vx et p. plaisant.
A. —Verbe + moult.Synon. de beaucoup, énormément. Nous tuons le temps en buvant moult et en fumant prou (Verlaine, Œuvres compl. , t. 5 Quinze jours en Holl., 1893, p. 264).
B. —Moult + adj.Synon. de bien, fort, très. Le Maire de Chevoche, regardant avec satisfaction. — C'est moult beau! (Claudel, Annonce, 1912, III 1 p. 64). Y a une chose qui me paraît moult drôle, allez... (F. Rousselot, À l'ombre du mirabellier, Nancy éd. Arts et Lettres, 1976, p. 58).
C. —Moult + subst. gén. au plur.Synon. de beaucoup de, en grand nombre. Cela peut causer moult douleur, le bonheur des autres! (Druon, Poisons couronne, 1956, p. 140). Après force pannes et moult incidents (P. Rousseau, Hist. transp., 1961, p. 476).
Remarque : Moult est parfois employé comme adj. variable. Moulte chose Blanche et noire, effet et cause (Verlaine, Œuvres compl., t. 3, Chair, 1896, p. 114). D'après Dupré 1972 « Il est (...) parfaitement ridicule d'écrire, en « style troubadour » : le chevalier eut moultes aventures  ».
Prononciation et orthographe
[mult]; l prononcé sous l'infl. de la graph.; [mu] prononc. normale (vocalisation de l dans molt) et région. (Lorraine). Att. ds Ac. 1694-1878.
Étymologie et histoire
Ca 980 adv. mult « très, beaucoup » (Jonas, éd. G. de Poerck, 142). Du lat. multum adv. « beaucoup, très » neutre de l'adj. multus « beaucoup ». Moult est sorti de l'usage général au xvie s., il ne survit que dans le nord-est de la France, et ne s'emploie ailleurs que par plaisanterie. Évincé par beaucoup*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 43.