MORDIEU
interjectionVx et littér.[Juron]Var. de morbleu. Je n'en suis pas encore à mendier mon pain. Mordieu! voilà de l'or, messieurs, j'ai de quoi vivre (, Coupe, 1832, p.271). Mordieu! murmura-t-il, nous sommes refaits, Rocambole et moi. Ils l'ont tué après lui avoir tout fait dire (, Rocambole, t.3, 1859, p.516). Ruffin décidément, il faut que vous parliez autrement, car ces oreilles-là ne se débouchent plus. Urbain que tu es incrédule, mordieu! écoute (, Esprits, 1953, p.457).
Remarques
1.vx,pop. ou région.,var. de morbleu, mordieu. La Dame: J'admirons l'épé' d' Charlemagne, ça fait mordienne, un beau morciau! (Hist. Fr. par chans., 1810-15, p.41).
Mordienne
interjection2.vx,var. région. (pays de langue d'oc). Tout à coup il poussa un cri: «Mordious! Est-ce qu'une vipère me pique; j'ai senti deux crocs pointus m'entrer dans la jambe» (, Fracasse, 1863, p.80). Il se fit une nuit la plus noire du monde, et les quais n'étant pas du tout illuminés, Mordious! on n'y voyait pas plus loin... [Christian: ] Que son nez (, Cyrano, 1898, II 9 p.97).
Mordious
interjectionPrononciation et orthographe
[mɔʀdjø]. Att. ds Ac. 1935.
Étymologie et histoire
1672 (Mme de Sévigné, Lettres, éd. Monmerqué, t.3, p.18). Juron p. euphém. pour Mort de Dieu! par la mort de Dieu!; cf. a. fr. par la mort et par les plaies (ca 1179, Renart, éd. M. Roques, 742) et par la mort dieue! (1552, Rabelais, Quart Livre, chapitre 13, éd. R.Marichal, p.84), v. aussi morbleu.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 11.
Bibliographie
Pohl (J.). Contribution à l'hist. de qq. mots. Fr. mod. 1963, t.31, p.301 (s.v. mordienne). — Quem. DDL t.1 (s.v. mordienne).