MORAINE
substantif fémininGÉOPHYS. Amas de blocs et de débris rocheux entraînés par le mouvement de glissement d'un glacier (moraines mouvantes), et apparaissant lors de son retrait ou s'accumulant sur les bords, le centre ou l'extrémité inférieure de celui-ci (moraines déposées). Moraine frontale, latérale, médiane, terminale. Au loin, des traînées longitudinales de pierre et de blocs erratiques, repoussés par le glissement des glaciers, formaient d'immenses lignes de moraines (, Enf. cap. Grant, t.1, 1868, p.110). L'amphithéâtre de moraines glaciaires est jalonné par toute une série de noms de batailles (, Géogr. hum., 1942, p.278):
. [Les glaciers] creusent leur lit et charrient des masses de débris de dimensions variables — du grain de sable au bloc de rocher — incorporés, ou accumulés en moraines périphériques. (, Introd. géol., 1961, p.78)
• Moraine de fond, moraine profonde. Matériaux rocheux situés entre la roche et le glacier et entraînés par celui-ci lors du glissement. Si les glaces polaires n'ont pas de moraines à leur surface, du moins elles entraînent une moraine profonde (, Abr. géol., 1886, p.53).
Prononciation et orthographe
[mɔʀεn]. Att. ds Ac. dep. 1878.
Étymologie et histoire
1779 (Saussure, Voyage dans les Alpes, éd. Neufchatel, Genève, t.1, p.455: les paysans de Chamouni nomment ces monceaux de débris, la moraine du glacier). Empr. au savoyard morêna «id.», proprement «renflement qui se forme à la lisière inférieure d'un champ en pente par suite de la descente de la terre» (cf. A.Constantin et J. Desormaux, Dict. savoyard, 1902, p.275), dér. d'un type mor(re), v. morailles, morion1, du rad. prérom. *murr- au sens de «tertre, éminence» (cf. le toscan mora «tas de pierres», le cat. morro «tertre», l'esp. moron «id.») et du suff. -ena, prob. prérom. (cf. le piémontais morena «terreau», l'esp. moreña «tas de pierres, moraine»). Cf. FEW t.6, 3, pp.236-237b et J. Hubschmid, Alpenwörter romanischen und vorromanischen Ursprungs, 1951, p.14.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 22.
Dérivés