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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

MOELLON

substantif masculin
A. —BÂT. « Pierre de construction qui s'emploie dans les massifs de construction et dans les murs et qu'on recouvre ordinairement de plâtre ou de mortier » (Noël 1968). Moellon brut, équarri, naturel, taillé; maçonnerie en moellon(s); tas de moellons. La muraille était faite de moellons au milieu desquels, pour ajouter à la solidité, avait pris place de temps en temps une pierre de taille (Dumas père, Monte-Cristo, t.1, 1846, p.175). L'aspect de l'habitation était rude, bâtie de moellons bruts de toute taille, rares dans le pays, d'une extraction et d'un transport difficiles (Pesquidoux, Livre raison, 1928, p.123).
• Moellon d'appareil. « Moellon équarri et piqué » (Barb.-Cad. 1963). Moellon piqué. Moellon « qui est taillé à vives arêtes (...) au moyen de la pointe du marteau » (Noël 1968).
B. —MIROIT. Pierre que l'on fait mouvoir sur une surface à polir en interposant une matière abrasive. (Dict. xixe et xxe s.).
Remarques

Moellon(n)age, (Moellonage, Moellonnage)

substantif masculin
bât. Construction faite avec des moellons. (Dict. xxe s.).
Prononciation et orthographe
[mwalɔ̃], [mwε-]. V. moelleux. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1. Fin xiie s. moillon «gros morceau de pain» (Robert le Diable, 1170 ds T.-L.);
2. ca 1200 (Graindor de Douai, Jérusalem, 1572, ibid.: Qui portent cailloux bis et quarrax et moilon); 1504 moellon (Comptes du château de Gaillon, éd. A. Deville, p.94);
3. 1752 «pierre à polir les glaces» (Trév.). L'a. fr. moilon est issu d'un lat. vulg. *mutulio altération du class. mūtŭlus, terme d'archit. «corbeau, modillon»; la forme moellon, d'apr. moelle*.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 121.
Bibliographie
Dauzat (A.). Mots fr. d'orig. orientale. Fr. mod. 1943, t.11, p.249. — Delb. Matér. 1880, p.206.