Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

MISONÉISME

substantif masculin
Tendance d'esprit ou attitude systématique d'hostilité à l'innovation, au changement (dans les habitudes et les préjugés établis). Synon. néophobie (v. néo- I C 2). Nous retrouvons ici [au Musée moderne] ce mélange déconcertant d'invention et de routine, d'ardeur révolutionnaire et de misonéïsme timide, qui caractérise l'esprit français (Réau, Archives bibl. musées, 1909, p.7). L'histoire de la Revue des Deux Mondes mériterait d'être écrite objectivement (...). Son misonéisme académique et la haine obstinée dont elle a poursuivi par exemple Flaubert ou les Goncourt, éveillent (...) l'idée de coterie (Thibaudet, Réflex. litt., 1936, p.107). Le roman provincial révèle (...) le sens traditionnel, un culte du passé qui se traduit au dehors par (...) la prud'homie bourgeoise et le misonéisme systématique (Estaunié, Rom. et prov., 1942, p.68).
Prononciation et orthographe
[mizɔneisb̭]. Réau, loc. cit.: -néïsme (tréma pour marquer la diérèse).
Étymologie et histoire
1892 (Remy de Gourmont, Le Lat. mystique, p.4). Formé des élém. miso-* et néo-* tirés du gr. et du suff. -isme* ; cf. l'ital. misoneismo (1873 ds DEI) et l'angl. misoneism (1886 ds NED).
Dérivés

Misonéiste

adjectif et substantif
rare et littér. (Personne) hostile par principe à toute innovation, à tout changement. Synon. conservateur. Les misonéistes annoncèrent que les chaudières éclateraient, que la fumée détruirait la végétation et asphyxierait les oiseaux, et que les locomotives mettraient le feu aux maisons et aux récoltes (P. Rousseau, Hist. techn. et invent., 1967, p.263). — [mizɔneist]. — 1re attest. 1892 (H. Brissac, Défilé de civilisation ds La Revue Socialiste, mars, p.314); de misonéisme, suff. -iste*.
Bibliographie
—Quem. DDL t.4.