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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

MELLIFLU, -UE,

adjectif
A. —Vx et rare. Qui distille le miel. (Dict. xixe et xxe s.).
B. —Au fig., littér., vieilli
1. Qui a la douceur du miel. Dans sa personne, il régnait un air digne et affable, et le son de sa voix doux et melliflu captivait (Borel, Champavert, 1833, p.134). Ce serait une barbarie (...) d'adapter cette espèce de muselière ou caveçon à une bouche si fraîche, si rose et si melliflue (Gautier, Fracasse, 1863, p.370).
2.Péj. Qui est fade, doucereux. D'une voix flûtée, interrompue par une petite toux sèche, il commence en style melliflu une homélie qui dure trois heures (Musset, Lettres Dupuis Cotonet, 1837, p.523).
Prononciation et orthographe
[mεl(l)ifly] et [meli-]. Ac. 1935: « Melliflue, adj. des deux genres », cf. aussi Littré, DG, Rob. mais Lar. Lang. fr. : « Melliflu, -e ou melliflue (selon l'Acad.) ». Docum. masc. melliflu (Borel, loc. cit. et Musset, loc. cit.).
Étymologie et histoire
1. 2e moitié du xve s. au fig. «qui a la suavité du miel» (J. Robertet ap. G. Chastellain, Œuvres, éd. Kervyn de Lettenhove, t.7, p.180);
2. 1653 cohorte melliflue «les abeilles» (Scarron, Le Virgile travesti, vii, 268b ds Richardson), emploi isolé; 1803 melliflue «qui distille le miel» (Boiste);
3. 1803 «doucereux, fade» (ibid.). Empr. au b. lat. mellifluus «qui a la suavité du miel» (ca 300 ds TLL), proprement «d'où coule le miel» (av. 387, Avien, ibid.).
Bibliographie
Grevisse (M.). Fausses règles, règles douteuses. R. rom. 1973, t.8, pp.58-59.