MALAVISÉ, -ÉE,
adjectifA. —[En parlant d'une pers.] Qui n'est pas avisé; qui manque de finesse, de perspicacité, d'esprit d'à-propos; qui agit inconsidérément. Que vous êtes malavisé de me parler (...) [d'amour] en ce moment (, Pierre et Jean, 1888, p. 386). Les plus prolixes sont ceux qui ont le moins à dire. La Rochefoucauld eût sans doute été bien malavisé, en délayant en romans ses Maximes (, Journal, 1931, p. 1019).
— Emploi subst. M. le Curé survient au bruit et, mis au courant, frappe le malavisé d'une amende de dix sous sur son mois (, Œuvres compl., t. 4 Mém. veuf, 1886, p. 286).
B. —[P. méton., en parlant d'une manifestation de l'activité intellectuelle, de l'affectivité] Qui dénote un manque de finesse, de perspicacité, d'esprit d'à-propos. Je n'ai pas écrit, j'ai parlé, sans finesse pourtant, avec cette parole malavisée et boiteuse qui poursuit si gauchement son dessein (, Corresp., 1835, p. 220). Prenez garde! Sous l'influence de votre admonestation malavisée Mlle Brouillon va fausser sa conscience (, Maternelle, 1904, p. 167):
. ... elles étouffaient (...) l'artiste sous l'éteignoir de leur affection malavisée, qui de bonne foi s'appliquait à domestiquer le génie, à le niveler (...) jusqu'à ce qu'il fût à la mesure de leur sensibilité, de leur petite vanité, de leur médiocrité. (, J.-Chr., Amies, 1910, p. 1102)
Prononciation et orthographe
[malavize]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
Ca 1360-70 «qui parle et agit mal à propos» (Baudouin de Sebourc, VI, 727, p. 172); 1553 subst. «mal informé» (Bible Gérard, Sapience, 14, 11). Comp. de mal2 * et de avisé*.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 19.
Bibliographie
Lew. 1968, p. 147 (s.v. mal avisé).