Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

Maladivement

adverbe
* Mot issu de l'entrée MALADIF
a) Sous l'effet d'une maladie, comme à la suite d'une maladie. Il y a incontestablement chez lui un mieux surprenant; mais ça ne fait rien, sa figure est maladivement bouffie (Goncourt, Journal, 1890, p. 1130). M. Blanc souriait, non par gaieté, mais maladivement. Sa mâchoire inférieure pendait, lui ouvrant la bouche comme à un mort (Hamp, Champagne, 1909, p. 201). On ne voit que son nez mince maladivement pincé (Colette, Entrave, 1913, p. 148).
b) Faiblement. Jamais plus nous n'affronterions, par une brume pareille, la solitude de Hyde-Park. (...) on avait autour de soi un immense cirque impalpable mais réel, derrière lequel s'ébauchaient maladivement de beaux arbres épais (Mallarmé, Corresp., 1862, p. 59).
c) D'une manière anormale, excessive. Elle me parlait avec une gaîté légère et un imprévu plein de tact qui n'appartiennent qu'aux personnes maladivement sensibles (Barrès, Jard. Bérén., 1891, p.51). J'appréhende maladivement les potins, les espionnages et les délations de ces désoeuvrés minés d'ennui (Colette, Cl. s'en va, 1903, p.102). Les mêmes assiettes que je tournais maladivement pour que les motifs bleus coïncidassent avec le pied du verre (Cocteau, Poés. crit. II, 1960, p.27).
— [maladivmɑ̃]. — 1re attest. 1842 (Mozin-Biber t. 2); de maladif, suff.-ment2 *. — Fréq. abs. littér.: 35.