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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

MAGNÉSIE

substantif féminin
CHIM. Oxyde de magnésium se présentant sous forme de poudre blanche, légère, alcaline, peu soluble et réfractaire, que l'on trouve à l'état naturel en masse terreuse ou qui s'obtient par calcination du magnésium, et ayant de nombreuses utilisations pharmaceutiques ou industrielles. Magnésie calcinée, carbonatée, hydratée; carbonate, hydrate, hydrocarbonate de magnésie; magnésie lourde, légère. Près des becs, on a soin naturellement de placer une protection de briques de magnésie jusqu'à une hauteur suffisante (Barnerias, Aciéries, 1934, p. 107). Beaucoup d'autres «carences» ont encore été signalées dans le vignoble, parmi les plus remarquables citons la carence en bore et la carence en magnésie, surtout constatées dans les sols acides (Levadoux, Vigne, 1961, p. 100):
.L'eau de mer contient une proportion assez forte de sulfate de magnésie et agit comme l'eau séléniteuse, avec la circonstance aggravante que la magnésie, libérée par la double décomposition par la chaux du sulfate et du chlorure de magnésie, reste pulvérulente et remplit les pores du ciment, sans participer en rien aux résistances. (Cléret de Langavant, Ciments et bétons, 1953, p. 77)
Prononciation et orthographe
[maɳezi]. [magne-] ds Martinet-Walter 1973 (2/17); prononc. donnée ds Land. 1834, Gattel 1841 comme «ancienne». Att. ds Ac. dep. 1762.
Étymologie et histoire
1497 la roche magnesie (Nef des fols, f° 20 v° ds La Curne); 1554 «peroxyde de manganèse ou magnésie noire» (Trésor de Evonime, 360, éd. 1557 ds Delb. Notes mss); 1762 «oxyde de magnésium» (Ac.). Empr. au lat. médiév. magnesia «pierre brillante comme de l'argent», xe s. ds Nov. gloss., dér. du lat. magnes (lapis) «pierre d'aimant», gr. Μάγνηςλίθος «aimant, pierre brillante», proprement pierre de Magnésie (ville d'Asie Mineure abondante en roches de cette nature), cf. l'expr. magnesa saxa «aimant» (Lucrèce, 6, 1064 ds OLD).
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 18.
Dérivés
1.

Magnésifère

adjectif
Qui contient de la magnésie. La picranalcime de Toscane est une analcime magnésifère (Lapparent, Minér., 1899, p. 462). — [maɳezifε:ʀ]. — 1re attest. 1823 (Dict. class. d'hist. nat., III, 523); de magnési(e), formant -fère* (empr. au lat. -fer, de fero «je porte»).
2.

Magnésique

adjectif
a)Chim. « Qui a pour base la magnésie » (Chesn. 1858).
b) Qui utilise les propriétés inflammables de la magnésie ou du magnésium. Éclair magnésique. (Dict. xixe et xxe s.). Au fig. Il tourne, il tourne, il tourne [le Roi] , sous les orages secs, sous les coups de jours magnésiques, sur les nuées lourdes qui montent, cyclopéennes, qui montent (...). Il courre le sanglier comme il courre les Marranes et les renégats (La Varende, Goût esp., 1946, p. 224).
— [maɳezik]. — 1res attest. 1840 «qui a pour base la magnésie» (Ac. Compl. 1842), 1867 lumière magnésique (Littré); de magnésie, suff. -ique*.
3.

Magnésite

substantif féminin
chim.,minér.
a) Silicate naturel de magnésium. Synon. écume de mer. Beaucoup d'auteurs emploient le nom de magnésite, qui a l'inconvénient de désigner déjà l'écume de mer (Lapparent, Minér., 1899, p. 522).
b) Carbonate naturel de magnésium. On a souvent plus d'intérêt à utiliser le carbonate de magnésium naturel, appelé magnésite ou giobertite (Lebeau Courtois, Pharm. chim., t.1, 1929, p.127).
— [maɳezit]. — 1re attest. 1797 (De Lametherie, Théorie de la Terre, t.II, p.93); de magnésie, suff. -ite*.