MÊLÉ-CASSIS, MÊLÉ-CASS(E),(MÊLÉ-CASS, MÊLÉ-CASSE)
substantif masculinA. — Mélange d'eau-de-vie et de cassis. On potine, on rigole, on fait du bruit, en sirotant des petits verres de mêlé-cassis (, Journal femme ch., 1900, p.162). Il avala d'un trait une drogue qu'apportait Otto, et qui singeait le mêlé cass (, Invas. 14, 1935, p.174).
Remarque : « Pop. » pour Rob. C'est au moins le cas pour la forme mêlé-cass(e). [Pour Car. Argot 1977, c'est aussi du « vermouth-cassis »]. Synon. plus anc. mêlé. Littré Suppl. Add. 1877: « Nom populaire d'un mélange d'eau-de-vie, de cassis et d'anisette ou de liqueur de menthe ». Elles lichaient ainsi la goutte, sur un coin de l'établi, un mêlé, moitié eau-de-vie et moitié cassis (Zola, Assommoir, 1877, p.645).
— P. anal. Mélange d'éléments hétéroclites. Étrange mêlé-cassis rédigé en caractères hiéroglyphiques. (, Nouv. Lar. ill., et Lar. 20e).
B. —Pop. Voix de mêlé-cass. Voix éraillée («cassée») par l'abus de l'alcool. Des ouvrages de dame? J'en ai soupé! laisse tomber d'une voix de mêlé-cass la marquise Adelaïde (, Élodéa ou la roue de la fortune, 1924, 39 ds Quem. DDL t.14).
— Emploi adj. Un ténor mêlécasse (, Bâtons dans les roues, p.254 ds Rob. Suppl. 1970).
Prononciation et orthographe
[mεlekasis], [me-]; [-kɑ:s]. V. cassis. Rob. : « mêlé-cassis et p. abrév. mêlé-cass(e) ou mêlécasse »; Lar. Lang. fr.: « mêlé-cassis et p. abrév. mêlé-cass(e) ». Au plur. des mêlé-cassis, -cass, -casses.
Étymologie et histoire
1872 mêlé-cassis (Richepin, Étapes, p.44); 1876 (Id., Chans. gueux, p.131 d'apr. Esnault ds Fr. mod. t.20, p.140: un mêlé-cas' à cinq [= à cinq centimes]). Comp. de mêlé subst. «mélange d'eau-de-vie de cassis et de liqueur de menthe» att. en 1749 (Vadé, Bouquets, p.17 d'apr. Esnault, ibid.) et de cassis*.