LUISANT
nom1. Par ellipse. Ce qui luit dans l’obscurité.
« J’ai donc pu travailler sans luisant sur moi ! Toute la volaille dormait dans le poulailler. » (Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, quatrième partie)
2. Ce qui donne des éclats de lumière.
« Tout en causant, les deux compagnons s’étaient avancés le long du Louvre et des Tuileries jusqu’à la porte de la Conférence, par où l’on va au Cours-la-Reine, lorsqu’ils virent devant eux un grand tourbillon de poussière où papillotaient des éclairs d’armes et des luisants de cuirasse. » (Théophile Gautier, Le capitaine Fracasse, 1863)
« Sous les broussailles de sa barbe et les mèches de ses cheveux, qui lui couvraient le visage, pareilles aux touffes de poils d’un caniche, on ne distinguait que le luisant de ses yeux bruns, le regard furtif et triste d’un homme aux instincts vagabonds, que le vin et une vie de paria ont rendu mauvais. » (Émile Zola, La Fortune des Rougon, 1871)
« Sa maison était propre, bien tenue ; elle tranchait avec la blancheur gaie de sa façade et le luisant de ses meubles, sur les taudis immondes où, d’ordinaire, croupissent dans la fange et dans la vermine, les marins bretons. » (Octave Mirbeau, Les Eaux muettes)
« Quelquefois, c’est le coup de la vigueur : elle prend une peau avec du tripoli ou une brosse à gros poils, et elle attaque un luisant de cuivre ou un coin de meuble. » (Jules Vallès, L’Enfant, G. Charpentier, 1889)
« Une subtile atmosphère de provocation, un magnétisme sensuel insidieux me paraissaient soudain s’allumer çà et là à la courbe d’une nuque trop complaisamment affaissée, à un regard trop lourd, au luisant gonflé d’une bouche s’entr’ouvrant dans la demi-obscurité. » (Julien Gracq, Le Rivage des Syrtes, José Corti, 1951)
« Portant de jolis gants de chevreau, couleur bronze florentin, il tenait de la main gauche une petite canne et son chapeau par un geste assez Louis-Quatorzien, montrant ainsi, comme le lieu l’exigeait, sa chevelure massée avec art, et où la lumière produisait des luisants satinés. » (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
3. En particulier. Argot. Le Soleil.