LIQUÉFIER
verbe transitifA. —PHYS.Qqc. liquéfie qqc. Faire passer à l'état liquide.
1.[L'obj. désigne un corps solide]Synon. de fondre. Liquéfier de la cire, du plomb. Un gramme de pepsine cristallisée peut, en deux heures, (...) liquéfier deux mille litres de gélatine (, La Vie et ses probl., 1939, p. 20).
• Au part. passé. Les rochers (...) liquéfiés et bouillonnants pendant les convulsions plutoniennes (, Nil, 1854, p. 123).
— Emploi pronom. à sens passif. Passer à l'état liquide. [L'un des métaux] cédait déjà, se liquéfiait par le bout, se résolvait en gouttes blanchâtres et crépitantes (, Journal, 1890, p. 63).
2.[L'obj. désigne un gaz]
— Emploi pronom. à sens passif. Passer à l'état liquide. Tous les gaz seraient susceptibles de se liquéfier si l'on disposait de pressions suffisantes et si l'on pouvait abaisser convenablement la température (, Fond. connaiss., 1851, p. 68).
— [Le suj. désigne une pers.] Soddy et Rutherford réussirent à liquéfier l'émanation du thorium (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2 1964, p. 336).
B. —P. anal., rare ou littér.[Le compl. désigne une chose concr. en gén.] Faire passer de l'état solide à l'état liquide; faire perdre sa consistance solide à. Des pluies d'hiver qui parfois risquent de liquéfier ces murs de terre (, Princ. géogr. hum., 1921, p. 151).
• Au part. passé. Nous allons et venons, sur la route liquéfiée (...) elle traîne une boue d'un jaune blanchâtre, et semble quelque lente rivière limoneuse (, Seuil guitounes, 1918, p. 2).
— Emploi pronom. Passer à l'état liquide. La moelle vertébrale (...) se liquéfie presque aussitôt qu'on lui enlève cette enveloppe [ses membranes] (, Anat. comp. , t. 2, 1805, p. 188). Des cloches sous lesquelles se liquéfiaient les hauts Munster et les Limbourg (, En mén., 1881, p. 257).
C. —Au fig., littér.
1.Liquéfier qqc. Supprimer, faire disparaître. Le monde des idées est à l'état purement fluide, et la critique a tout dissous et liquéfié (, Journal, 1866, p. 475). V. concorde ex. 2.
— Emploi pronom. à sens passif.[Le compl. désigne une structure mentale, morale] Sous l'action du fléau [la peste], les cadres de la société se liquéfient. L'ordre tombe. Il assiste à toutes les déroutes de la morale, à toutes les débâcles de la psychologie (, Théâtre et son double, 1938, p. 19). Les contours des objets, des images extérieures et intérieures, l'ossature des pensées se liquéfient (, Double chance, 1958, p. 220).
2.Liquéfier qqn.[Le compl. désigne une pers. et, p. méton., un aspect du comportement] Faire perdre toute consistance, toute énergie, toute lucidité ou tout sens moral :
... soudain la vision lui passa par l'esprit (...) d'une blague géniale bien faite pour achever de liquéfier l'intellect déjà pas trop solide du père Soupe. (, Ronds-de-cuir, 1893, 5e tabl. 2 p. 176)
— Emploi pronom. V. conjouir ex. 2.
Remarques
Liquescence
substantif fémininPrononciation et orthographe
[likefje], (il) liquéfie [-fi]. Prononc. [-kɥe-] en dernier lieu ds Mart. Comment prononce 1913, p. 288. Ac. 1694, 1718 liquefier, depuis 1740 -é-.
Étymologie et histoire
1. xive s. « faire passer à l'état liquide (un corps solide) » (Ghatrif, 39, 3 ds T.-L.);
2. 1851 « faire passer à l'état liquide (un corps gazeux) » (Cournot, loc. cit.). Empr. au lat. liquefacere « faire fondre, liquéfier »; -fier d'apr. les autres verbes qui ont cette terminaison.
2. 1851 « faire passer à l'état liquide (un corps gazeux) » (Cournot, loc. cit.). Empr. au lat. liquefacere « faire fondre, liquéfier »; -fier d'apr. les autres verbes qui ont cette terminaison.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 78.
Dérivés