LIBATION
substantif fémininA. —RELIG. Acte qui consiste à répandre un liquide (vin, huile, lait p. ex.) à l'intention d'une divinité. Offrir une libation. Démodocus, saisissant une coupe, alloit faire une libation aux pénates de Lasthénès (, Martyrs , t. 1, 1810, p. 167) :
... le patron d'une des pirogues de la baie de Crillon, auquel j'avais donné une bouteille d'eau-de-vie, en jeta, avant de partir, quelques gouttes dans la mer, nous faisant comprendre que cette libation était une offrande qu'il adressait à l'Être suprême. (Voy. La Pérouse, t. 3 1797, p. 110)
— P. anal. Peyrony but (...). Puis nous tous, l'un après l'autre, pleins de joie, à ce même verre. Telle fut notre libation à la journée (, Olymp., 1924, p. 276).
— P. méton. Liquide destiné à cet acte. Répandre, verser la libation. Je lui présentai les vases qui contenoient des libations sacrées; elle répandit le lait et le vin au pied de l'arbre (, Chev. Cygne , t. 1, 1795, p. 204).
B. —Gén. au plur., fam. Fait d'absorber de l'alcool de façon abondante et répétée. Faire des libations. De fréquentes libations de vin de Bordeaux animèrent cette discussion (, Chouans, 1829, p. 195). Il entra chez plusieurs marchands de vin et raconta (...) son aventure (...). Sa journée se passa en libations et en adieux (, Hôtel Nord, 1929, p. 24).
— P. anal. Bien dormi; grâce peut-être à une abondante libation d'eau de fleurs d'oranger (, Journal, 1912, p. 385).
Remarques
Libatoire
adjectifPrononciation et orthographe
[libasjɔ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1. 1491 [éd.] relig. (La Mer des Histoires, I, 132 b ds Rom. Forsch. t. 32, p. 97);
2. 1750 fam., au plur. (Fougeret de Monbron, Margot la Ravaudeuse, p. 59). Empr. au lat. libatio, au sens religieux.
2. 1750 fam., au plur. (Fougeret de Monbron, Margot la Ravaudeuse, p. 59). Empr. au lat. libatio, au sens religieux.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 180.