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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

LÉGATION

substantif féminin
A. —HIST. ECCL. Charge de légat pontifical. Les légats a latere ne pouvaient exercer leur légation en France sans permission du roi (Ac.).
— P. méton.
• Durée pendant laquelle s'exerce cette charge. Cela se passa pendant sa légation (Ac., 1835 1878).
• Province des États pontificaux gouvernée par un légat. (Dict. xixe et xxe s.). Dans toute la légation de Bologne, de Ferrare (Ac., 1935).
B. —DR. INTERNAT. « Représentation diplomatique auprès d'une puissance où il n'y a pas d'ambassade » (Sand.-Béa Pol. 1976). Attaché, chancelier, secrétaire à la légation. La Russie (...) a retiré sa légation et le secrétaire qui est resté n'a aucun caractère officiel (Gobineau, Corresp. , [avec Tocqueville], 1851, p. 172). La légation autrichienne avait reçu l'ordre de rompre coûte que coûte les relations diplomatiques (Martin du G., Thib. , Été 14, 1936, p. 328). Des fils d'épiciers en gros (...) se sont engagés dans des carrières orgueilleuses mais obscures, dans les légations françaises (Nizan, Conspir., 1938, p. 76).
• Droit de légation. « Droit pour un État d'envoyer des agents diplomatiques à d'autres États (droit de légation actif) ou d'en recevoir (droit de légation passif) » (Jur. 1971; dict. xxe s.).
— P. méton. Siège de cette représentation. Il vint plus rarement à la Légation, et choisit pour ses promenades les chemins où M. Sabatier ne passait pas (About, Grèce, 1854, p. 224) :
... l'inclination que les milieux cultivés éprouvaient à l'égard de la France était au plus haut degré. J'en recueillis des preuves touchantes en recevant à notre légation maints personnages distingués... (De Gaulle, Mém. guerre, 1959, p. 58)
Prononciation et orthographe
[legasjɔ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1. Ca 1140 lecaciun « charge de légat du pape » (Geoffroi Gaimar, Hist. des Anglais, éd. A. Bell, 4731); ca 1155 legaciun « mission confiée à un délégué papal » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 10293); 1174-76 legation « province de l'église gouvernée par un légat » (G. de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 1153);
2. ca 1175 « ambassade, mission » (B. de Ste-Maure, Ducs Normandie, éd. C. Fahlin, 10979);
3. 1791 légation « mission diplomatique entretenue par un état dans un pays où il n'a pas d'ambassade » (Staël, Lettre jeun., p. 528). Empr. au lat. legatio, -onis « ambassade », « mission particulière » attesté en lat. chrét. au sens de « chargé de mission auprès de, ou par l'église », lat. médiév. « office ou juridiction du légat du pape » (826 ds Nierm.), formé sur le supin legatum de legare « envoyer ». Au sens 3 l'angl. legation est attesté dep. 1756-57 ds NED.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 116.