LÈSE
(lè-z') adjectif fémininqui ne s'emploie que joint à un substantif placé après, et signifie blessé, violé. Crime de lèse-majesté, crime par lequel la majesté est violée. Crime de lèse-majesté humaine, de lèse-majesté divine.
« C'est par son esprit [de l'Église] que les rois chrétiens ne se font pas justice dans les crimes mêmes de lèse-majesté au premier chef, et qu'ils remettent les criminels entre les mains des juges » (, Prov. XI)
Par extension.
« La brigue est un crime de lèse-république » (, dans DESFONTAINES)
« C'eût été un crime de lèse-catholicité » (, Confess. II)
« L'homme de bien qui se tue, commet le crime de lèse-societé, et j'arrêterai sa main si je puis » (, Claude et Nér. II, 28)
« Ne se sent-il pas un peu coupable du crime de lèse-amitié, d'avoir manqué... ? » (, Lettres, t. I, p. 152)
Familièrement.
« Un crime de lèse-faculté, qui ne se peut assez punir » (, Mal. im. III, 6)
« C'était un crime de lèse-galanterie française de combattre contre l'héroïne de nos jours » (, Lett. à Cath. 26)
Historique
XVe s.
XVIe s.
« Jacques Cœur fust pris et arresté prisonnier pour aucuns cas touchant la foi catholique et aussi pour certain crime de leze-majesté » (, Hist. du roi Charles VII, p. 259)
« Chez nous icy, j'ay veu telle chose qui nous estoit capitale devenir legitime ; et nous sommes à mesme, selon l'incertitude de la fortune guerriere, d'estre un jour criminels de leze majesté humaine et divine » (, II, 343)
Étymologie
Provenç. lez ; esp. et ital. leso ; du lat. laesus, blessé, de laedere. C'est un latinisme emprunté surtout aux jurisconsultes ; laesa majestas, laesum jus ; mais ce n'est point le verbe léser employé à la troisième personne, comme le verbe l'est dans pince-maille, grippe-sou, etc. ; d'ailleurs léser est plus récent que lèse.