Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

IRRÉVÉRENT, -ENTE,

adjectif
Qui manque de respect à l'égard du sacré :
1. La madone de Raphaël dont je te parle est la madone de saint Luc. G., qui s'est trouvé à la voir repasser ce matin chez Franck, G. irrévérent destructeur d'illusions, m'a soufflé à table : « Les photographies du père Franck embellissent toujours ». Je l'aurais anéanti! (Alain-Fournier, Corresp. , [avec Rivière], 1906, p. 303)
— P. ext. Irrespectueux, qui ne tient pas compte de certaines valeurs établies. Elle place sous l'invocation de la poésie un livre qui pourrait parfois sembler irrévérent à l'égard des belles choses (Barrès, Voy. Sparte, 1906, p. v) :
2. « (...) On va vous remettre cela à sa place, le balayer dans l'égout où malheureusement il ne sera pas inoffensif pour la salubrité de la ville », hurlait-il, même seul chez lui, à la lecture d'une lettre qu'il jugeait irrévérente, ou en se rappelant un propos qu'on lui avait redit. (Proust, Sodome, 1922, p. 654)
Remarques

Irrévéremment

adverbe
De façon irrévérente. (Ds Lar. Lang. fr.).
Prononciation et orthographe
[i(ʀ)ʀeveʀɑ̃], fém. [-ɑ̃:t]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
Cf. le dér. irreveremment 1380 (Reg. du Parlement, ms. Ste Gen., p. 390 ds Gdf. Compl.); 3e quart xve s. (G. Chastellain, Chron., éd. Kervyn de Lettenhove, t. 4, p. 237). Empr. au lat. irreverens « irrespectueux, irrévérencieux ».