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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

IRRÉALISME

substantif masculin
A. — Manque de réalisme, absence du sens des réalités. C'est [la dame à la faulx de Saint-Pol-Roux] d'un irréalisme si voulu, d'une invraisemblance si irrémédiable (Rivière, Corresp. , [avec Alain-Fournier], 1907, p. 136).
— [Suivi d'un compl. déterminatif] Caractère irréel d'une chose. Cette foi, ce n'était ni la vanité (...) ni l'irréalisme de l'utopie qui la lui donnait (Bourget, Actes suivent, 1926, p. 60).
B. — Fait témoignant d'un manque total de réalisme. Combien les prétendus tableaux réalistes de Flaubert sont loin de la réalité. Mme Bovary, par exemple, où le souci d'épauler s'étale à chaque page, fourmille d'irréalismes (Cocteau, Poés. crit. I, 1959, p. 18).
Prononciation
[iʀ(ʀ)ealism].
Étymologie et histoire
1907 l'irréalisme des idées « manque du sens du réel » (Lasserre, Rom. fr., p. 81-2 ds R. Philol. fr. t. 30, p. 156). Dér. sav. de irréel* d'apr. réalisme.
Dérivés

Irréaliste

adjectif et substantif
(Celui, celle) qui est dépourvu(e) de tout sens du réel, qui manifeste un esprit manquant de réalisme. Il serait encore bien plus irréaliste de raisonner sur des offres dispersées de prêteurs privés (Perroux, Écon. , xxe s., 1964, p. 57). — [iʀ(ʀ)ealist]. — 1re attest. 1927 (B. Crémieux, in NRF, n° 163, avr., 547 ds Quem. DDL t. 15); de irréalisme, suff. -iste*.