INTROJECTION
substantif fémininPSYCHANAL. « Processus inconscient par lequel l'image, le modèle d'une personne, est incorporé, identifié au moi ou au sur-moi » (Leif 1974). Le surmoi m'apparaît comme une introjection des parents + une introjection des frustrations du monde extérieur + la projection d'un mécanisme de défense contre ces frustrations mêmes (, Psychanal., 1950, p. 129).
Remarques
1. Incorporer au moi ou au sur-moi, par un processus inconscient, l'image, le modèle d'une personne. L'histoire de la passion et de l'impossible rupture est atroce, car le poète a comme introjecté cette femme tout à fait en dehors de ses expériences amoureuses (, Le Tombeau de Baudelaire, p. 47 ds Rheims 1969).
Introjecter
verbe transitif2. Qui procède de l'introjection. Tantôt elle [la conscience] (...) se nourrit des milieux qu'elle traverse, cédant plus ou moins lourdement à la somnolence de cette digestion. Tantôt elle (...) prévient, attaque, s'affirme. Conscience introjective et conscience éjective collaborent à l'expérience de la sociabilité (, Traité caract., 1946, p. 470).
Introjectif, -ive,
adjectifPrononciation
[ε̃tʀɔʒεksjɔ̃].
Étymologie et histoire
1909 (Lalande, Vocab. technique et critique de la philosophie in Bull. de la Société fr. de philosophie, août, 266-7 ds Quem. DDL t. 12 : terme employé par Avenarius [en allemand, 1888] pour désigner l'opération par laquelle nous nous représentons la conscience de chaque individu comme intérieure à son organisme, et la représentation des objets extérieurs comme une objectivation d'états internes). Mot créé par le psychologue allemand Avenarius [1843-1896], peut-être sur le modèle de Projektion; terme repris en psychanal. par Ferenczi et Freud.