INSOCIABILITÉ
substantif fémininA. —Vieilli. Incapacité à vivre en société. Synon. asociabilité; anton. sociabilité. Ce peuple est insociable, dit-on : cette insociabilité n'est pas certaine (Le Moniteur, t. 2 1789, p. 456). Il [le paysan] hait le riche, il hait son voisin, et le monde. Seul, dans cette misérable propriété, comme dans une île déserte, il devient un sauvage. Son insociabilité, née du sentiment de sa misère, la rend irrémédiable (, Peuple, 1846, p. 61).
B. —
1. Attitude de quelqu'un qui n'est pas capable de relations aimables ou agréables avec ses semblables. Anton. sociabilité. Son insociabilité (...) se montrait par des gestes menaçans et par les expressions les plus grossières (, Voy. Louisiane, 1802, p. 29) :
... toute réclamation, toute protestation, tout mouvement d'intolérance n'aboutit qu'à vous faire taxer d'insociabilité (car, si paradoxal que ce soit, on vous demande encore dans ce domaine d'être sociable)... (, Nadja, 1928, p. 131)
2. Caractère de quelque chose qui témoigne de l'incapacité de quelqu'un à avoir des relations aimables ou agréables avec ses semblables. J'ai fait remarquer, dans la dernière séance, que nous devions aux Germains le sentiment énergique de la liberté individuelle, de l'individualité humaine. Or, dans un état d'extrême grossièreté et d'ignorance, ce sentiment, c'est l'égoïsme dans toute sa brutalité, dans toute son insociabilité (, Hist. civilisation , leçon 3, 1828, p. 20).
Prononciation et orthographe
[ε̃sɔsjabilite]. Att. ds Ac. dep. 1762.
Étymologie et histoire
1. 1721 l'insociabilité des humeurs (Montesquieu, Lettres persanes, t. 1, p. 93);
2. 1789 « incapacité à vivre en société » (Le Moniteur, loc. cit.). Dér. de insociable*; suff. -(i)té*.
2. 1789 « incapacité à vivre en société » (Le Moniteur, loc. cit.). Dér. de insociable*; suff. -(i)té*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 17.