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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

Inintelligibilité

substantif féminin
* Mot issu de l'entrée ININTELLIGIBLE
[Correspond à A 2 supra]
a)Au sing. Caractère inintelligible. Quels sont les résultats de cette analyse [de la jalousie chez Swann dans Proust] ? L'inintelligibilité du psychique est-elle levée? (Sartre, Être et Néant, 1943, p. 217). Ils (...) haïssent l'inintelligibilité systématique, voulant que les inventions du littérateur (...) soient pourtant « facilement conçues et entendues d'un chacun » (Benda, Fr. byz., 1945, p. 168). P. méton., souvent au plur. Chose inintelligible. Un rire d'homme fort (...) quand il découvre les absurdités, les inintelligibilités (Arnoux, Visite Mathus., 1961, p. 165).
b) Incompréhension entre personnes. L'inintelligibilité qui résultait, dans notre conversation avec la jeune femme, du fait que nous avions vécu dans un certain monde à vingt-cinq ans de distance, me donnait l'impression et aurait pu fortifier chez moi le sens de l'Histoire (Proust, Temps retr., 1922, p. 964).
— [inε̃tεliʒibilite] et [-teli-]. Att. ds Ac. 1935. — 1res attest. a) av. 1714 « caractère de ce qui ne peut être compris » (Fénelon d'apr. Lar. Lang. fr.); 1724 (Rob.); av. 1745 (L'Abbé Des Fontaines, Observ. sur les Écrits mod. ds Trév. 1752 : L'inintelligibilité est le plus grand défaut d'un ouvrage...); b) 1922 « incompréhension entre personnes » (Proust, loc. cit.); de inintelligible, suff. -(i)té*. — Fréq. abs. littér. : 11.