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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

INIMITIÉ

substantif féminin
Sentiment d'aversion, d'hostilité à l'égard de quelqu'un ou d'une collectivité. L'argent placé à la Caisse d'Épargne, cet argent liquide, si rare dans les campagnes, dont la possession leur avait valu parfois toute sorte d'inimitiés (Moselly, Terres lorr., 1907, p. 283) :
[L'Angleterre et la France] ont donné à l'Europe, durant des siècles, le spectacle d'une inimitié d'autant plus vive, qu'elle semblait une de ces haines de famille, les plus âcres de toutes, comme dit Tacite. (Barante, Hist. ducs Bourg. , t. 1, 1821-24, p. 73)
— Vieilli.[En compl. prép.] L'idiome dédaigné du Saxon vaincu fut adopté par les vainqueurs, en inimitié de leur ancienne patrie (Chateaubr., Ét. ou Disc. hist. , t. 4, 1831, p. 2). La moitié peut-être du genre humain éclairé me dirait que je suis dans l'inimitié de Dieu (Renan, Souv. enf., 1883, p. 403).
— P. anal. Antipathie naturelle, aversion instinctive qu'éprouvent certains animaux entre eux. Il y a de l'inimitié, une inimitié naturelle entre le chien et le chat (Ac., 1835-1935).
Prononciation et orthographe
[inimitje]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
xiiie s. [ms.] « sentiment de haine ou d'hostilité à l'égard de quelqu'un » (Digestes, ms. Montp., f° 62d ds Gdf. Compl., s.v. enemistié : Se aucune innimitié est meue entre lui et ceus qui l'avoit eslit). Réfection d'apr. le lat. inimicitia « haine » (lui-même dér. de inimicus « ennemi », dér. de amicus « ami », préf. in- négatif) de l'a. fr. enemistie « id. » (dep. 1145, Everart, trad. des Distiques de Caton, éd. E. Stengel, 91d; v. aussi T.-L.), dér. de ennemi* sur le modèle de amitié*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 244. Fréq. rel. littér. : xixe s. : a) 617, b) 285; xxe s. : a) 268, b) 195.