INDÉFECTIBLE
adjectif— THÉOL. Qui durera jusqu'à la fin du monde. On peut répondre, tout d'abord, en distinguant le souverain pontificat, indéfectible et divin, d'avec la personne sacrée (, Philos. Dante, 1838, p. 277). Le néant de ceux qui l'outragent [l'Église] est surabondamment notifié par sa silencieuse et indéfectible présence (, Femme pauvre, 1897, p. 167).
— P. ext. Qui ne peut défaillir. Synon. solide, sûr. Indéfectible attachement; dévouement, fidélité indéfectible; partisan indéfectible. La nature dont parle la formule (...) [le plaisir résulte d'une activité conforme à la nature] c'est la bonne nature d'une normalité et d'une rationalité indéfectibles (, Éléments princ. représ., 1907, p. 472). Les hybrideurs choisissent deux pieds de vigne (...). Tous les deux seront des sujets éprouvés, de santé indéfectible, de ces ceps de roc prêts à aller cent ans (, Livre raison, 1925, p. 86) :
... cette prérogative et cette puissance surnaturelles que les Anciens attribuaient à la malédiction d'un père, poursuivant son objet avec la rigueur indéfectible d'une fatalité! (, Paradis artif., 1860, p. 403)
Prononciation et orthographe
[ε̃defεktibI̥]. Att. ds Ac. dep. 1740.
Étymologie et histoire
1. 1501 « qui ne peut cesser d'être, qui continue, dure toujours » (F. Le Roy, Le Livre de la femme forte et vertueuse, r 7 a ds Hug.);
2. 1923 mémoire indéfectible (Pesquidoux, Chez nous, p. 160). Dér. sav. du lat. class. defectus, part. passé de deficere « cesser, faire défaut, manquer », cf. aussi le b. lat. defectibilis « sujet à défaillir », lat. médiév. indefectibilis « indéfectible, éternel » (ixe s. ds Blaise Latin. Med. Aev.).
2. 1923 mémoire indéfectible (Pesquidoux, Chez nous, p. 160). Dér. sav. du lat. class. defectus, part. passé de deficere « cesser, faire défaut, manquer », cf. aussi le b. lat. defectibilis « sujet à défaillir », lat. médiév. indefectibilis « indéfectible, éternel » (ixe s. ds Blaise Latin. Med. Aev.).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 35.
Dérivés
1. Caractère de ce qui est indéfectible (notamment dans le domaine théologique). Il [Bossuet] se voyait donc obligé de recourir (...) à la distinction du siège et de la personne, et de soutenir l'indéfectibilité en niant l'infaillibilité (, Pape, 1819, p. 85). Son hypothèse de la déchéance inévitable et graduelle des substances spirituelles, en dehors de la seule indéfectibilité de Dieu (Théol. cath., t. 4, 11920, p. 350). — [ε̃defεktibilite]. Att. ds Ac. dep. 1740. — 1re attest. 1677 (Mme de Sévigné, Corresp., 23 juill., éd. R. Duchêne, t. 2, p. 498); dér. sav. de indéfectible, suff. -(i)té*. Cf. deffectibilité « défaut, manque » (1468 ds La Curne).
Indéfectibilité
substantif féminin2. De manière indéfectible. Il [Claudel] a cru en Dieu, il en a été le témoin indéfectiblement fidèle (, Bloc-notes, 1958, p. 166). — [ε̃defεktibləmɑ̃]. — 1re attest. 1677 (Retz, Œuvres, éd. R. Chantelauze, t. 9, p. 327); de indéfectible, suff. -ment2 *. Cf. aussi le lat. chrét. indefectibiliter « sans défaillance, fermement » (ve s. ds Blaise Lat. chrét.), lat. médiév. « avec constance, d'une manière indéfectible » (Acta Sanctorum, Martii, t. 1, p. 545 ds Blaise Latin. Med. Aev.) et, en m. fr., desfectiblement « de façon incomplète » (1468 ds La Curne).