INDISCERNABLE
adjectif et substantif masculinI. —Adj. Qui ne peut donner prise au discernement.
A. —[P. réf. au discernement rationnel] Qui ne peut être clairement distinct d'une autre chose de même nature. Idée indiscernable d'une autre idée, répétition indiscernable du commencement, réalisation indiscernable de son intention, réminiscence indiscernable du passé, totalités morphologiquement indiscernables. La structure du monde de saint Thomas est physiquement indiscernable de celle du monde grec (, Espr. philos. médiév., 1931, p. 78). Les aptitudes génétiques deviennent très tôt indiscernables des aptitudes sociales, du fait d'une socialisation subie dans des milieux différents (, Réforme Univ., 1966, p. 201).
B. —[P. réf. au discernement sensoriel] Qui est perçu de façon confuse et indistincte. Ombre, ciel indiscernable; mouvement, rythme indiscernable; confus et indiscernable; inaperçu et indiscernable; feuilles d'arbre indiscernables. De grêles frappements d'enclume, une odeur de corne brûlée décelaient un maréchal-ferrant, par ailleurs indiscernable (, Augustin , t. 1, 1933, p. 34). Le paradoxe est fort, d'un Corot copié, et indiscernable ou presque du vrai, et qui pourtant n'est pas beau, ne peut l'être, ne doit pas l'être (, Propos, 1935, p. 1291) :
À cette hauteur, nulle exhalaison des lieux bas, nul accident de lumière ne troublait, ne divisait la vague et sombre profondeur des cieux. Leur couleur apparente n'était plus ce bleu pâle et éclairé, doux revêtement des plaines, agréable et délicat mélange qui forme à la terre habitée une enceinte visible où l'œil se repose et s'arrête. Là l'éther indiscernable laissait la vue se perdre dans l'immensité sans bornes... (, Obermann , t. 1, 1840, p. 46)
II. —Subst. masc.,PHILOS. Principe des indiscernables. Principe énoncé par Leibniz d'après lequel deux êtres réels diffèrent toujours intrinsèquement et non point seulement par leurs positions spatio-temporelles. Voir Cournot, Fond. connaiss., 1851, p. 581.
Remarques
Indiscernablement
adverbePrononciation et orthographe
[ε̃disεʀnabI̥]. [-ss-] ds Land. 1834, Littré. Att. ds Ac. 1798 et 1935.
Étymologie et histoire
A. Adj.
1. 1582 « qui ne peut être discerné » (A. et R. Le Chevalier d'Agneaux, trad. de Virgile, f° 275 r° ds Gdf. Compl.);
2. 1832 au fig. « dont on ne peut reconnaître la nature et l'existence » (Raymond : projet indiscernable).
B. Subst. 1762 [éd. 1768] philos. principe des indiscernables (Bonnet, Considérations sur les corps organisés, t. 2, p. 219). Dér. de discernable*; préf. in-1 *.
1. 1582 « qui ne peut être discerné » (A. et R. Le Chevalier d'Agneaux, trad. de Virgile, f° 275 r° ds Gdf. Compl.);
2. 1832 au fig. « dont on ne peut reconnaître la nature et l'existence » (Raymond : projet indiscernable).
B. Subst. 1762 [éd. 1768] philos. principe des indiscernables (Bonnet, Considérations sur les corps organisés, t. 2, p. 219). Dér. de discernable*; préf. in-1 *.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 119.
Dérivés