INDIFFÉRER
verbe transitif indirectJe roule dans les émotions puissantes, mais je ne parviens pas à reconnaître si elles sont douces ou amères, tant peu à peu la quantité de bonheur humain qu'elles tiennent en arrive à m'indifférer. (, Corresp. , [avec Valéry], 1891, p. 130)
— Emploi impers.Cela indiffère (à qqn); il indiffère (à qqn) que + subj. On jongle avec quelque chose : il vous indiffère totalement que ça tombe par terre (, Corresp. , [avec Rivière], 1905, p. 210). Le seul résultat ennuyeux c'est que l'erreur commise à votre sujet — dont je ne puis dire à quel point cela m'indiffère — semble rejaillir et de façon cette fois fort déplaisante (, Journal, 1923, p. 249).
Remarque : « Ce verbe est entré dans la langue parlée; il a déjà franchi le seuil de la langue écrite puisque Montherlant l'emploie. Mais il est encore senti comme assez vulgaire. Dans un communiqué publié le 20 mai 1965 l'Académie précise : on doit dire cela m'est indifférent et non cela m'indiffère » (Dupré 1972).
Prononciation
[ε̃difeʀe].
Étymologie et histoire
1891 supra ex. Dér. du rad. de indifférent* interprété comme un part. prés.; dés. -er.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 12.