INDICIBLE
adjectif1. ... les yeux par instants révulsés, comme quelqu'un qui étouffe, elle se défendait contre la mort avec un courage et une douceur indicibles. (, Meaulnes, 1913, p. 319)
• Rare. C'est indicible. Il n'est pas possible ou pas décent de le rapporter :
2. Ce qu'il a chanté devant les femmes de la société qui étaient là, non, c'est indicible ! [it. dans le texte]. Ç'a été, en ces poèmes du jour, les michetons fournisseurs de galette, les joyeux petits marlous donnant de la pantoufle dans les fesses de leurs marmites, des vérolées de Saint-Lazare, dans les médicaments, écrivant à leurs maquereaux... Ç'a été, en ce lyrisme de l'ignoble, des dénonciations infâmes... (, Journal, 1892, p. 210)
— Emploi subst. masc. sing. à valeur de neutre, dans le lang. artistique, philos. Ce qui n'est pas traduisible par des mots. En face de l'indicible qu'il se sent la mission d'exprimer, le peintre dispose donc, tout de même, de signes d'une portée universelle (, Dialog. avec visible, 1955, p. 283). La musique n'exprime rien ou exprime l'inexprimable à l'infini (...). Et tout de même l'indicible n'est-il pas un mystère dicible à l'infini? (, Je-ne-sais-quoi, 1957, p. 44).
Remarques
Indicibilité
substantif fémininPrononciation et orthographe
[ε̃disibI̥]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1452 adj. « qui ne peut être dit » (Jacques Milet, Epistre adjacent et epillogative ds C. Häpke, Kritische Beiträge zu Milet's dramatische Istoire de la Destruction de Troye la Grant, p. 131). Empr. au b. lat. indicibilis « inexprimable, indicible ». On trouve déjà indisible au xive s. (cf. Bl.-W.1-5).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 612. Fréq. rel. littér. : xixe s. : a) 578, b) 849; xxe s. : a) 1 152, b) 961.
Dérivés