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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

INDÉNIABLE

adjectif
Dont on ne peut dénier l'existence ou la nature. Synon. certain, évident, incontestable, indubitable, irréfutable; authentique, manifeste. Fait indéniable; d'indéniables difficultés, avantages; une réussite indéniable; mérite, qualité, talent indéniable; charme, originalité, beauté, laideur indéniable. Il donne depuis quelques semaines des signes indéniables d'aliénation mentale (Courteline, Ronds-de-cuir, 1893, 1er tabl. p. 35). Il s'était découvert, pour ce père qu'il croyait ne pas aimer, une déconcertante et indéniable affection (Martin du G., Thib. , Sorell., 1928, p. 1161). Longue et patiente étude du piano; fait d'indéniables progrès (Gide, Journal, 1930, p. 1013) :
Les parents veulent que la gloire de leurs enfants soit tangible, indéniable, au-dessus de toute discussion, qu'elle s'impose avec éclat aux amis et connaissances. (Mauriac, Journal 1, 1934, p. 73)
— [Tournure impers.] Il est pour moi indéniable que le premier prix de paysage de ce siècle appartient à Rousseau, le second à Corot (Goncourt, Journal, 1892, p. 271). Il est indéniable qu'elle semble avoir de l'affection pour lui (Proust, J. filles en fleurs, 1918, p. 467).
Prononciation et orthographe
[ε̃denjabI̥]. Att. ds Ac. dep. 1878.
Étymologie et histoire
1789 (Mirabeau, peint par lui-même, 1791, I, p. IV, 16 juin 1789 d'apr. Th. Ranft ds Z. fr. Spr. Lit. t. 35, p. 138). Dér. de dénier*; suff. -able*; préf. in-1 *.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 145.
Dérivés

Indéniablement

adverbe
D'une manière indéniable. Défendre et (...) diriger un peuple d'opprimés dont la cause était indéniablement juste (Malraux, Conquér., 1928, p. 66). En emploi d'adv. de phrase. Il n'y a rien au monde que je redoute autant que la vermine. Indéniablement la pauvre petite en était peuplée (Gide, Symph. pastor., 1919, p. 883). — [ε̃denjabləmɑ̃]. — 1re attest. 1874 (Mallarmé, Dern. mode, p. 782); de indéniable, suff. -ment2 *. — Fréq. abs. littér. : 16.