INDÉMONTRABLE
adjectifUn seul mot (...) rendrait peut-être raison et de l'inexplicable défaut des œuvres irréprochables et de l'indémontrable beauté des œuvres repréhensibles; ce mot est : sincérité. (, Je-ne-sais-quoi, 1957, p. 99)
— Emploi subst. Ce qui ne peut être démontré. La raison ne doit exercer sa fonction que pour parvenir aux vrais mystères, aux vrais indémontrables qui sont le réel (, Pesanteur, 1943, p. 133). Démontrer l'indémontrable, n'est-ce pas le réfuter? (, Je-ne-sais-quoi, 1957, p. 200). Si toutefois on peut additionner le probable, l'indémontrable et le rêvé (, Zulma, 1960, p. 167).
Remarques
1. Caractère de ce qui ne peut être démontré. L'indémontrabilité des théorèmes des triangles homologiques de Desargues et de l'hexagramme de Pascal en géométrie projective plane (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 1 1961, p. 26). Pour indémonstrabilité, v. existence A 1, ex. de Gilson.
Indémontrabilité
ou indémonstrabilité
substantif féminin2. Qui n'est pas démontré. Postulat indémontré. Les systèmes qui font dépendre la certitude de la première connaissance de Dieu d'un élément subjectif indémontré et indémontrable et dont les titres ne peuvent s'expliciter à la raison (Théol. cath., t. 4, 11920, p. 929). Une sociologie qui s'imagine emprunter à la biologie l'idée d'une transmission héréditaire de l'acquis ne fait que reprendre ce qu'elle avait prêté. La thèse philosophique indémontrée a pris un faux air d'assurance scientifique en passant par la science, mais elle reste philosophie, et elle est plus loin que jamais d'être démontrée (, Deux sources, 1932, p. 290).
Indémontré, -ée,
adjectifPrononciation et orthographe
[ε̃demɔ̃tʀabI̥]. Att. ds Ac. 1935.
Étymologie et histoire
1582 (P. de La Coste, Catholiques expositions, 15 r° ds Delb. Notes mss), attest. isolée; 1722 (Cl. Houtteville, La Religion chrétienne prouvée par les faits, p. 5, d'apr. R. Arveiller ds R. Ling. rom. t. 44, p. 232). Dér. de démontrable*; préf. in-1 *.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 32.