INCURIOSITÉ
substantif fémininElle était bonne, active, spirituelle, mais d'une extrême incuriosité d'esprit. Elle lisait peu, ne connaissait aucun livre nouveau, n'allait jamais au théâtre, ne voyageait jamais (...) — ne prenait part à aucune œuvre de philanthropie mondaine (...) — n'essayait point d'étudier... (, J.-Chr. , Maison, 1909, p. 1040)
— PSYCHOL. « État psychique caractérisé par une indifférence totale du sujet pour tout ce qui l'entoure et par un repliement sur soi-même » (Méd. Biol. t. 2 1971). Synon. introversion. L'incuriosité peut trahir une débilité originelle : les plus étroites des intelligences sont celles des nEnAP [non Émotif non Actif Primaire]; ils ne lisent pas, ils n'observent rien (...). Mais l'incuriosité est souvent l'œuvre funeste du milieu éducateur (, Traité caract., 1946, p. 643).
Prononciation et orthographe
[ε̃kyʀjozite]. Att. ds Ac. dep. 1798.
Étymologie et histoire
1495 « manque de curiosité de l'esprit » l'incuriosité de la pensée (J. de Vignay, Miroir hist., Delb., Rec. ds DG); 1595 (Montaigne, Essais, III, 13 éd. A. Thibaudet et M. Rat, p. 1051). Dér. de curiosité*; préf. in-1 *. Le m. fr. incuriosité « négligence, insouciance » (1553 Edit de Henri II ds Gdf.), spéc. « manque de soin, négligence de la toilette » (ca 1584 Brant., Dames gal., II, 155, ibid.) est empr. au b. lat. incuriositas « négligence ».
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 42.
Bibliographie
Darm. 1877, p. 181. - Gohin 1903, p. 315.