INCONVERTIBLE
adjectifA. —Vx et rare.[En parlant d'une pers.] Que l'on ne peut convertir à une religion. Le salut de la protestante [Mme de Gasparin] inconvertible et convertisseuse, une recruteuse d'âmes (, Nouv. lundis , t. 9, 1865, p. 271).
— P. ext. Que l'on ne peut faire changer d'avis. Le jeune prince héroïque tente de faire retrouver à un père indigne, à un frère naïf, la grandeur propre de sa patrie. Et si le père est inconvertible, le fils finit par comprendre (, Corneille, 1938, p. 293).
B. —[En parlant d'un inanimé] Que l'on ne peut changer.
• Inconvertible en + subst. Les « mais » s'évanouissent, les raisons contraires s'effacent dans l'arrière-plan d'inattention, désormais inconvertible en premier plan (, Philos. volonté, 1949, p. 163).
— FIN.[En parlant d'une monnaie ou d'une valeur bancaire] Que l'on ne peut changer ou échanger. Titre inconvertible et insaisissable (Ac., 1935).
Remarques
1. Caractère de ce qui est inconvertible (notamment dans le domaine financier). C'est l'inconvertibilité des monnaies qui a forcé à abandonner le multilatéralisme (Univ. écon. et soc., 1960, p. 38-5).
Inconvertibilité
substantif féminin2.rare. Qui n'est pas converti à une religion. Quiconque ignore et ne retient pas ces points (...) est plus ou moins ou idolâtre ou pélagien (...) et, par quelque coin, inconverti (, Port-Royal , t. 4, 1859, p. 145).
Inconverti, -ie,
adjectif3. Que l'on ne peut convertir à une religion. Le fétichiste est inconvertissable; le moyen de l'amener à une religion supérieure n'est pas de la lui prêcher directement (, Avenir sc., 1890, p. 47).
Inconvertissable
adjectifPrononciation et orthographe
[ε̃kɔ̃vεʀtibI̥]. Att. ds Ac. 1878 et 1935.
Étymologie et histoire
1. 1546 subst. « qui n'est pas convertible (à la religion) » (J. de Gaigny, Serm. de Guerricus, 20 v° ds Delb. Notes);
2. 1691 « qui ne peut être changé, immuable » (Boss., 6e avert., 13 ds Littré); 1866 spéc. papier-monnaie inconvertible en espèces (M. Chevalier, Journ. des Débats, ibid.). Empr. au lat. chrét. inconvertibilis (de in à valeur négative et convertibilis « susceptible de changement ») « qu'on ne peut changer; qu'on ne peut convertir (à la religion catholique) ».
2. 1691 « qui ne peut être changé, immuable » (Boss., 6e avert., 13 ds Littré); 1866 spéc. papier-monnaie inconvertible en espèces (M. Chevalier, Journ. des Débats, ibid.). Empr. au lat. chrét. inconvertibilis (de in à valeur négative et convertibilis « susceptible de changement ») « qu'on ne peut changer; qu'on ne peut convertir (à la religion catholique) ».