INCONSOLABLE
adjectifVers cinq heures, souvent, elle s'en allait à la croisée du salon, regarder la rue. Les bambins rentraient de l'école. Elle les suivait des yeux. Par son oncle, Karelina sut qu'elle était inconsolable de n'avoir pas d'enfant. Elle n'en parlait jamais. (, Empreinte dieu, 1936, p. 87)
• Emploi subst. C'est la seule [la Mort] qui donne aux grands inconsolables Leur consolation (, Comédie mort, 1838, p. 29). La nature n'est jamais du parti des inconsolables (, Vie littér., 1888, p. 289).
— [P. méton.] Chagrin, regret inconsolable; douleur, peine, perte inconsolable. Baudelaire, génie parisien s'il en fut en dépit de l'inconsolable nostalgie d'idéal qu'il y a en lui (, Œuvres posth. , t. 2, 1896, p. 14). Elle pleura, pleura, je sentais en elle une tristesse inconsolable, infinie (, Si le grain, 1924, p. 569).
— P. exagér.Être inconsolable de + subst. ou inf. Être affligé, tourmenté, déçu de; regretter amèrement de. Ensemble nous sommes inconsolables de vous avoir ennuyés si vainement (, Corresp. , [avec Mme Gide], 1905, p. 405).
Remarques
Inconsolablement
adverbePrononciation et orthographe
[ε̃kɔ̃sɔlabI̥]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1544 (Arcadie de Sannazar, trad. J. Martin, 112 v° , d'apr. H. Vaganay ds R. Ét. rab. t. 9, p. 309 : inconsolable vie); 1549 (J. Le Maire de Belges [✝ 1514], Cour. marg., éd. J. Stecher, t. 4, p. 32 : le dueil et la perturbation inconsolable). Empr. au lat. inconsolabilis « qu'on ne peut réconforter; irréparable ».
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 164.