IMPRUDENT, -ENTE,
adjectifA. —[En parlant d'une pers.] Qui est dépourvu de prudence, qui agit d'une manière irréfléchie. Synon. audacieux, écervelé, inconscient, inconséquent, irréfléchi, téméraire; anton. avisé, circonspect, prudent, réfléchi. Automobiliste imprudent(e); chefs imprudents; se montrer imprudent. Il était imprudent en paroles et d'une maladresse qui, pour l'exactitude et la sûreté, égalait l'adresse la plus exercée (, Orme, 1897, p. 157). Il était oublieux, aventureux et imprudent comme un enfant ordinaire (, Propos, 1921, p. 198). Je crains que vous n'ayez été maladroite et imprudente. Il fallait garder tout cela pour vous (, J. filles, 1936, p. 939). V. Imprudence ex. 1.
— Emploi subst.Synon. casse-cou (fam.), risque-tout. L'imprudent! Il montre son procédé à tous, sans avoir pris de brevet d'invention (, Drames philos. , Eau Jouvence, 1881, IV 4 p. 495). Il y a toujours des imprudents pour jouer avec le feu (, Thib. , Été 14, 1936, p. 299).
B. —P. méton.[En parlant d'un comportement, d'une action] Qui dénote un manque de prudence. Synon. audacieux, hasardeux, inconséquent, inconsidéré, irréfléchi, osé, périlleux, téméraire; anton. circonspect, prudent. Conduite, parole imprudente; geste, propos imprudent. Il déclara (...) que ses visites devenaient imprudentes et qu'elle se compromettait (, M me Bovary , t. 1, 1857, p. 188). Elle pressentait qu'elle menait ici à tout point de vue une vie imprudente. Elle commençait de s'apercevoir de la sagesse paternelle (, Invas. 14, 1935, p. 199). V. accorder ex. 64 :
N'était-ce pas une opération fantaisiste et imprudente, ce magasin gigantesque? Ne risquait-on pas une catastrophe certaine, à vouloir élargir ainsi hors de toute mesure le commerce des nouveautés? (, Bonh. dames, 1883, p. 457)
— Il/c'est imprudent de + inf. C'est imprudent d'emporter tant d'argent dans votre portefeuille (, Contes et nouv. , t. 2 Dot, 1884, p. 560). Il est bien imprudent de critiquer les autres, quand on est sur le point de s'exposer à la critique (, J.-Chr. , Révolte, 1907, p. 401). Il serait imprudent d'entrer dans le bain, l'estomac chargé d'une boisson aussi lourde que le chocolat (, Hommes bonne vol., 1932, p. 118).
Prononciation et orthographe
[ε̃pʀydɑ̃], fém. [-ɑ̃:t]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
A. D'une personne.
1. 1458 « déraisonnable, qui manque de savoir » (A. Gréban, Myst. Passion, éd. O. Jodogne, 20655);
2. 1538 « qui manque de prudence » (Est., s.v. imprudens); d'où p. ext.
B. D'une parole, d'une action, d'un sentiment 1672 « qui dénote l'imprudence » (Racine, Bajazet, II, 5, éd. R. Picard, Pléiade, p. 556). Empr. au lat. imprūdens, -entis « ignorant; qui n'est pas sur ses gardes », dér. de prūdens (prudent*).
1. 1458 « déraisonnable, qui manque de savoir » (A. Gréban, Myst. Passion, éd. O. Jodogne, 20655);
2. 1538 « qui manque de prudence » (Est., s.v. imprudens); d'où p. ext.
B. D'une parole, d'une action, d'un sentiment 1672 « qui dénote l'imprudence » (Racine, Bajazet, II, 5, éd. R. Picard, Pléiade, p. 556). Empr. au lat. imprūdens, -entis « ignorant; qui n'est pas sur ses gardes », dér. de prūdens (prudent*).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 919. Fréq. rel. littér. : xixe s. : a) 1 699, b) 1 198; xxe s. : a) 1 116, b) 1 144.
Dérivés