ILLUSIONNISME
substantif masculinA. — Art de l'illusionniste (cf. ce mot A). Ce Parisien de trente-cinq ans [Méliès] dirigeait alors, depuis une dizaine d'années, le théâtre Robert Houdin, petite salle consacrée à l'illusionnisme et fondée par l'illustre prestidigitateur (, Cin. des orig. à nos jours, 1949, p. 27).
— P. anal. Art, fait de créer l'illusion (dans le roman, en peinture, etc.). M. Mauriac utilise, à cette fin d'illusionnisme, l'ambiguïté romanesque de la « troisième personne » (, Sit. 1, 1947, p. 42). Dans le Saint Augustin apparaissant aux Lépreux [du Tintoret] (...) l'illusionnisme de la perspective est contredit par le placage d'émail des draperies (, Voix sil., 1951, p. 441).
B. — Phénomène qui porte à susciter des illusions ou à se faire des illusions, à voir ou à faire voir la réalité de manière erronée. Le seul point où ces messieurs [les étudiants] passent la note, c'est quand ils veulent croire que je diminue MM. de Vogüé et Lavisse. Illusionisme et enfantillage! (, Renan , Toute licence sauf contre l'amour, 1892, p. 258). Ces antinomies qui nous avertissent du caractère fictif de toute connaissance et aboutissent à nous présenter l'univers (...) comme un système d'illusionisme (, Bovarysme, 1902, p. 287).
Prononciation et orthographe
[il(l)yzjɔnism̥]. Pour 1 ou 2 n, v. -isme.
Étymologie et histoire
1. 1845 « tendance à illusionner, soi-même ou les autres » (Richard de Radonvilliers, Dict. de mots nouveaux); 1892 (Barrès, loc.cit.);
2. 1922 « art de l'illusionniste » (Lar. univ.). Dér. de illusion*; suff. -isme*.
2. 1922 « art de l'illusionniste » (Lar. univ.). Dér. de illusion*; suff. -isme*.