IDOLÂTRIE
substantif fémininA. —Vx. Acte idolâtre :
1. Pour louer et célébrer Jahvé, Asaph rappelle aux générations futures les prodiges que Dieu a accomplis en faveur de leurs pères, malgré leurs révoltes et leurs idolâtries. (Théol. cath., t. 4, 11920, p. 974)
B. — Culte rendu à l'idole d'un dieu au même titre que si elle était Dieu lui-même. Se livrer à, tomber dans l'idolâtrie; danger, fétiches, restes, signes de l'idolâtrie. L'anthropomorphisme et l'idolâtrie furent une conséquence nécessaire de la jeunesse des esprits, une théologie d'enfants et de poètes (, Propriété, 1840, p. 141). L'idolâtrie, c'est de préférer le visible à l'invisible (, Journal, 1893, p. 85) :
2. Je ne vois aucune difficulté à croire que les Indiens ont suivi en gros et sauf les diversités, effet du climat, la même marche que les autres peuples, c'est-à-dire qu'ils ont passé de l'idôlatrie au fétichisme, à l'allégorisation de ce culte, et de là au théisme. (, Journaux, 1804, p. 158)
C. —Au fig. Amour excessif, admiration exagérée poussée jusqu'au culte. Aimer avec idolâtrie, jusqu'à l'idolâtrie; sentiment d'idolâtrie; idolâtrie du corps, de la vérité; idolâtries populaires. Si tu es réellement une créature humaine, dis-moi pourquoi toi seule as reçu cette ame, ce regard qui la peint, ce torrent de charmes et de vertus qui te rendent l'objet de mon idolâtrie? (, C. d'Albe, 1799, p. 134) :
3. Michel-Ange, vieillard, se reproche, se repent dans un éloquent sonnet d'avoir adoré l'art et de s'en être fait une idole. Dante, je l'espère, et Milton ont échappé à ce genre d'idolâtrie. (, Port-Royal , t. 2, 1842, p. 91)
Remarques
Idolâtrerie
substantif fémininPrononciation et orthographe
[idɔlɑtʀi]. Demi-longueur de [ɑ] (Passy 1914). Att. ds Ac. dep. 1694, -atrie (1694-1740), puis -âtrie.
Étymologie et histoire
1. Ca 1170 ydolatie « idole » (Rois, éd. E. R. Curtius, IV, XXIII, 15, p. 222);
2. fin xiiie s. « culte rendu à qqc. » (J. de Meun, Testament, 1717 ds Littré);
3. 1310 « adoration des idoles » (G. Du Bus, Fauvel, 1490 ds T.-L.). Forme haplologique pour *idololatrie, empr. au lat. chrét. idololatria, gr. εἰδωλολατρεία « idolâtrie »; l'allongement du -a-, d'apr. idolâtre*.
2. fin xiiie s. « culte rendu à qqc. » (J. de Meun, Testament, 1717 ds Littré);
3. 1310 « adoration des idoles » (G. Du Bus, Fauvel, 1490 ds T.-L.). Forme haplologique pour *idololatrie, empr. au lat. chrét. idololatria, gr. εἰδωλολατρεία « idolâtrie »; l'allongement du -a-, d'apr. idolâtre*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 379. Fréq. rel. littér. : xixe s. : a) 946, b) 484; xxe s. : a) 332, b) 344.
Bibliographie
Richard (W). 1959, p. 69.