ICÔNE1
substantif fémininBientôt, c'est la télévision qui dans chaque demeure apportera sa présence agissante, tendant à suppléer, dans nos intérieurs modernes, à l'absence de ces autels, de ces chapelles ou de ces icônes où les hommes de jadis, ceux de l'Antiquité comme ceux d'hier, se livraient à une confrontation avec les images, peintes ou sculptées, incarnant leur âme la plus profonde. (, Dialog. avec visible, 1955, p. 383)
— P. ext. Représentation artistique de la divinité ou de sujets à caractère religieux. L'icone submerge les temples des xiie et xiiie siècles en Europe, et, dès la fin de l'ère antique, ceux des Indes (Arts et litt., 1935, p. 58-05).
Prononciation et orthographe
[iko:n]. Att. ds Ac. 1935. Forme icone ds Arts et litt., supra; v. aussi Barrès, Cahiers, t. 11, 1918, p. 362 et Duhamel, Passion J. Pasquier, 1945, p. 73. Cf. Catach-Golf. Orth. Lexicogr. 1971.
Étymologie et histoire
1859 « image sainte dans l'Église d'Orient » (Gautier, Voyage en Russie, XV, p. 226 ds Rob.). Empr. au russe ikona « image », du gr. byz. εἰκόνα « id.», dér. du gr. class. εἰκών « image, statue, portrait »; cf. l'angl. icon « id. » 1833 ds NED; l'a. fr. icoine « image » (ca 1220, G. de Coinci, Mir. Vierge, éd. V. F. Kœnig, II Mir. 30, 122 : ycoine) est empr. au b. lat. iconia de même sens (vie s. ds Nierm.), du gr. byz. εἰκόνια plur. de εἰκόνιον (cf. Kahane Byzanz t. 1, 368); l'a. fr. ancone « enseigne des Byzantins » (ca 1208, G. de Villehardouin, Conquête Constantinople, éd. E. Faral, § 228) est prob. empr. à l'ital. (Kahane, loc. cit.).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 60.